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L'affaire des Poisons
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Admin9637
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Message Posté le : Dim 13 Juil - 22:55 (2014)    Sujet du message : L'affaire des Poisons Répondre en citant

La nouvelle chasse aux sorcières

Les amours de Louis XIV, que ses sujets excusèrent, ont été non seulement déplorés, mais noircis par une partie de l'historiographie, celle qui associe le "règne" de la Marquise de Montespan à la puante traînée de faits divers dite affaire des poisons. Cette dernière toucha le public de plein fouet en 1679.

Le 12 mars, la police avait arrêté une certaine Catherine Deshayes, femme Monvoisin, dite la Voisin, que l'on soupçonnait de sorcellerie. C'est à peu près le moment où l'abbé Furetière écrit, dans son Dictionnaire universel : "Sorcellerie. Art magique, qui emprunte le secours et le ministère du Diable. Les ignorants attribuent à sorcellerie tous les effets dont ils ne peuvent pénétrer les causes." Le 17, c'était l'arrestation d'Adam Coeuret ou Cobret, alias Dubuisson, alias "l'abbé Le Sage". Leur interrogatoire fit découvrir ou croire des choses inquiétantes. Alors, le 7 avril, fortement encouragé par M. De La Reynie, lieutenant de police, Louis XIV établissait une cour d'exception chargée de juger "une affaire de poisons", celle de la Voisin et de ses complices. Cette commission, réunie à l'Arsenal, fut dotée du nom, impressionnant et anachronique, de [it:chambre ardente]. Elle comprenait des magistrats de haut rang, avait pour président Louis Boucherat, futur chancelier, pour rapporteurs Bazin de Bezons et La Reynie. La solennité prêtée à une telle juridiction, le secret de ses audiences, l'objet même de sa réunion, tout contribua à répandre l'inquiétude dans les milieux suspects, à donner l'impression au peuple que le Roi voulait prompte et rude justice, toutes conditions confondues chez les coupables. Le procédé rappelait celui des grands jours.

L'instruction en vint tôt à parler d'avortements, de sorts, de magie, de maléfices, messes noires et autres sacrilèges, mais au point de départ il s'agit de poison, et c'est de poisons que sera constitué le coeur de l'Affaire, en son titre et jusqu'à nos jours.

"Il semble, écrira Saint-Simon, qu'il y ait dans de certains temps [it.: des modes de crime] comme d'habits. Du temps de la Voisin et de la Brinvilliers, ce n'était qu'empoisonneurs." Pour Voltaire, on ne se servait pas de poison, "vengeance des lâches, dans les horreurs de la guerre civile. Ce crime, par une fatalité singulière, infecta la France dans le temps de la gloire et des plaisirs qui adoucissaient les moeurs". De cette vérité l'an 1670 fit foi. On y trouve les plaisirs et la gloire, des rumeurs d'empoisennement, la réalité du poison, et en même temps un effort d'adoucissement du droit criminel! En mai 1670, "le triomphe de Mme de Montespan éclata au voyage que le Roi fit en Flandre". Le 17 jui, la marquise de Brinvilliers empoisonnait son frère, Antoine Dreux d'Aubray, lieutenant civil du Châtelet (elle avait tué de la même manière en 1666 leur père, également lieutenant civil). Elle fut si peu inquiétée qu'elle récidivera en septembre sur la personne d'un autre frère, conseiller au Parlement. On est alors bien ignorant en toxicologie. Cette discipline est à peu près résumée dans l'encyclopédie de Furetière: "L'arsenic exulcère les intestins." Dès qu'une personne connue meurt brutalement - de péritonite, d'un cancer du foie, d'un ulcère perforé -, on attribue le décès au poison. Ce fut ainsi le 30 juin de cette année 1670 : [it: Madame se meurt, Madame est morte]. La princesse le crut sans doute. Le bruit d'un crime courut, reprendra de l'importance lors de l'Affaire. Enfin, en août, est publiée l'ordonnance de procédure pénale inspirée de Colbert. Ce texte fameux cofiait et humanisait nos lois. Il est d'usage de relier à sa publication les directives du même Colbert pour faire cesser la chasse aux sorcières, ces procès noirs qui avaient terrorisé le royaume (les bûchers effrayèrent autant que les sabbats) entre 1580 et 1640.

Condamnée à mort par contumace en 1673, la marquise de Brinvilliers ne fut arrêtée qu'en mars 1676, aux Pays-Bas. Son procès devant le Parlement dura du 29 avril ai 16 juillet suivant. Le parlement avait traîné, ses magistrats répugnant à livrer au public les sordides détails de crimes perpétrés dans leur société même. De cette pré-affaire des poisons, plusieurs enseignements sont à tirer. Les uns sont religieux: la mort édifiante de l'empoisonneuse, le 17 juillet, fit pleurer tout Paris. Convertie dans les dernières vingt-quatre heures de son existence par l'abbé Pirot, son confesseur d'occasion, Mme de Brinvilliers s'était présentée au bourreau, "le visage contrit et plein de componction de coeur et de l'espérance du pardon". Elle avait en outre déclaré: - [it.: Je voudrais être brûlée toute vive pour rendre mon sacrifice plus méritoire].

Les autres sont politiques et bien troublants.La Brinvilliers avait été arrêtée à l'instigation de Louvois. Or, pendant son procès, une fuite conduisit à accuser et même arrêter M. Reich de Pennautier, receveur général du clergé, collaborateur et ami de Colbert. Faute de preuves, et la marquise ne cessant d'affirmer l'innocence de ce haut personnage, il fallut relâcher Pennautier, lavé de l'accusation d'empoisonnement. Pourtant, quelques soupçons, ragots et accusations de gens sans aveu, avaient été à deux doigts de faire condamner un grand financier que protégeaient le cardinal de Bonzi, l'archevêque Harlay de Champvallon, le duc de Verneuil et Colbert en personne. Derrière l'affaire Brinvilliers et la réalité de ses crimes, se jouait en filigrane une des scènes de l'interminable querelle Louvois-Colbert. les ennuis de M. de Pennautier démontraient combien peut être efficace la médisance. Ils montraient également, ce que la police a toujours pratiqué et la justice parfois aussi, le danger des amalgames. Si l'on prouve que vous avez connu une empoisonneuse, vous êtes suspect de complicité; avec de l'arsenic supposé acheté en commun, vous avez sans doute de votre côté empoisonné quelque personne. Ces amalgames, ces dérapages vont se retrouver et se généraliser dans l'affaire Voisin. On y retrouve aussi la tendance à compromettre plus important que soi. On y voit enfin l'acte suivant des règlements de compte entre les deux principaux ministre de Sa Majesté.

Malgré ses crimes, la marquise de Brinvilliers restait une personne de la bonne société. Le petit monde de la Voisin se révéla autrement plus inquiétant.

"L'ancienne habitude de consulter les devins, de faire tirer son horoscope, de chercher des secrets pour se faire aimer, subsistait encore parmi le peuple et même chez les premiers du royaume", écrit Voltaire, qui, plus loin, ajoute: "Le Sage, la Voisin et la Vigoureux s'étaient fait un revenu de la curiosité des ignorants, qui étaient en très grand nombre. Ils prédisaient l'avenir; ils faisaient voir le diable. S'ils s'en étaient tenus là, il n'y aurait eu que du ridicule dans eux et dans la chambre ardente." Ainsi le maréchal de Luxembourg avait-il demandé à Le Sage des horoscopes, ignorant que ce personnage vendait aussi des messes noires et autres diableries ("les sorciers fascinent les yeux pour faire apparoir des démons"). Encore Le Sage était-il un faux abbé. La bande comprenait de vrais prêtres, non moins experts en magie noire, ensorcellements et maléfices.

"Magie noire, écrit Furetière, est un art détestable, qui emploie l'invocation des démons, et se sert de leur ministère pour faire des choses au-dessus des forces de la nature." [it.:Maléfice], nous dit le même dictionnaire, est un crime: "Il se dit plus ordinairement des sortilèges." Quant à [it.:sortilège], c'est un prétendu maléfice qu'on jette sur quelque chose par le ministère du Diable". Ne nous hâtons pas de sourire. En 1679, nos pères connaissent l'apogée de la contre-Réforme, vivent dans un monde qui croit en Dieu et craint Satan. A cette date, Marguerite-Marie Alacoque passe encore pour "visionnaire, hypocrite, possédée du démon". Doit-on ajouter que les Voisin, les Le Sage ont une manière d'orienter leurs crimes qui n'est pas celle d'un siècle d'athéisme? Dans les flammes de son bûcher, le 22 février 1680, la Voisin dira : _ [it.:Jésus, Maria].("C'est peut-être une sainte", écrira Mme de Sévigné.)

En attendant cette hypothétique canonisation, Monoisin, ses complices magiciens et tireurs d'horoscopes, ses amies et consoeurs en sorcellerie avouent tant de délits et de crimes, apportent tant de fausses précisions (la Voisin aurait enterré dans son jardin deux mille cinq cents enfants!), accusent un su grand nombre de clients, que ce flots de prétendus aveux, de dénonciations multipliées et de détails invraisemblables, aurait dû réveiller chez M. de la Reynie quelque esprit critique. Il n'en fut rien. Il enregistre tout: vente de poudre de succession (les empoisonneurs avaient alors du style), apparition de démons à la carte, messes noires. Son âme chrétienne de vertueux magistrat occulte en lui le bon sens policier. Il oublie que, jadis et naguère, dans tous procès de sorcellerie, les inculpés s'accusaient des pires crimes, au risque d'aggraver leur cas. Dans une telle ambiance, dans la logique d'un certain type d'interrogatoire que peu de confrontations sérieuses ou de suppléments d'enquête confirment,l'aveu glonflé comme le bavardage sans retenue sont de règle, et la "question" ne suffit pas à en expliquer les excroissances baroques et les suppléments mensongers. Les suspects en font une question de vanité, savent qu'ils gagnent du temps, comprennent qu'il est de leur intérêt d'élargir et de compliquer l'affaire, quitte à la noircir. Ils pensent enfin que, de citer des noms importants, les couvre, soit qu'interviennent alors des protections, soit que l'horreur du scandale pousse les magistrats à étouffer des pans entiers de l'instruction, le dénonciateur y gagnant une automatique indulgence.

Alors, sans que l'on sache si tel grand personnage s'est lui-même compromis ou s'il s'agit seulement d'un de ses domestiques, sans que les magistrats instructeurs aient pris la peine de séparer les horoscopes naïfs des crimes avérés, les aphrodisiaques des poisons mortels, les sortilèges d'amour des maléfices de mort, la chambre ardente est bientôt envahie d'accusés, de prévenus, de témoins. Les consoeurs de la Voisin ont pour nom Leroux, Trianon, Chapelain, Françoise Filastre, la Vigoureux. Les hommes sont le trop fameux Dubuisson-Le Sage, les abbés Mariette et Guibourg, les "chimistes" Vautier ou Leroy, bien d'autres. Au fur et à mesure des dénonciations, la clientèle des magiciens se révèle de plus en plus nombreuse. Du 10 avril 1679 au 21 juillet 1682, la commission de l'Arsenal aura tenu deux cent dix audiences, vu passer 442 accusés, ordonné 367 arrestations (218 furent maintenues), fait exécuter, 34 personnes, envoyé 5 coupables aux galères, condamné 23 autres au bannissement. Très vite, les gens de qualité avaient intéressé les juges, avaient été considérés par La Reyniie comme des exemples, de mauvais exemples méritant un châtiment spectaculaire. Pendant quelque temps, le lieutenant de police en persuada le Roi. Mais les longues robes de l'Arsenal répugnaient à trop frapper les accusés issus de leur milieu: Mmes de Dreux, de Poulaillon et Le Féron s'en tirèrent donc aux moindres frais. En revanche, dès qu'on fut sur la piste des grands personnages de la cour, ces messieurs, toujours amusés par les revanches de la robe sur l'épée, eurent la tentation de faire quelque zèle.

Comme leur collègue La Reynie, ils perdirent beaucoup de prudence et de sens critique. Ils ne remarquèrent point que M. de Louvois, dont ce n'était pas le département, mettait son nez partout, visitant des prisonniers, faisant des rapports personnels au Roi. Ils ne semblèrent pas voir, non plus, que la plupart des grands seigneurs ou grandes dames compromis ou suspects, se trouvaient être des amis ou des protégés de Colbert. L'historien avisé qui s'attaquera enfin avec sérieux à cette affaire des poisons si mal instruite et jugée, devra user de ces fils conducteurs, souvent parallèles: les ennemis de Louvois, les amis de Colbert.

L'exemple parfait du rôle inquiétant de Louvois apparaît dans la persécution du maréchal de Luxembourg. Ce Montmorency, grand seigneur, glorieux soldat, subit quatorze mois de Bastille suivis de plusieurs mois d'assignation à résidence. Or, nul n'ignorait, à la Cour comme à la Ville, que le despotique ministre de la guerre avait pris M. de Luxembourg en grippe (un général ne doit pas avoir plus de personnalité qu'il ne convient aux gens de plume). Le maréchal était d'abord soupçonné de tentative d'empoisonnement sur un bourgeois et sa maîtresse. On affirma ensuite qu'il avait pratiqué des sortilèges à finalité meurtrière. Enfin, "Le Sage dit que le maréchal duc de Luxembour avait fait un pacte avec le diable, afin de pouvoir marier son fils à la fille du marquis de Louvois". La maison de Montmorency étant alliée à la maison de France, on peut mesurer la sottise et l'invraisemblance de telles accusations. L'affaire de Luxembourg se terminera par les aveux de l'intendant du maréchal, seul coupable, et sa condamnation aux galères.

Le Roi, dûment encouragé par La Reynie et par le remuant M. de Louvois, s'était penché sur le cas des principaux suspects. l'honneur de la cour, l'honneur de sa noblesse lui paraissaient en jeu.En 1680, on prête en effet ce mot au président Boucherat: "Nous ne jugeons que sur des preuves, mais il ne faut au Roi que des indices." Des indices, il y en a eu certes plus d'un, à propos de la comtesse de Roure, de la marquise d'Alluye, de la vicomtesse de Polignac. Deux [it.:Mancinettes] étaient soupçonnées. Mais la duchesse de Bouillon (Marie-Anne Mancini), qui se serait fait aider de son jeune amant pour se débarasser de son vieux mari, répondit à la convocation de la chambre: elle se présenta appuyée d'un bras sur le duc de Bouillon, de l'autre sur le duc de Vendôme, son prétendu complice; elle répondit à La Reynie par deux ou trois insolences heureusement amenées, puis se retira dans une dignité qu'étayait assez bien l'humour.

Sa soeur Olympe, comtesse de Soissons, plius compromise etmoisn habile que la duchesse, se vit conseiller par le Roi un exil volontaire. Si louis XIV intervenait ainsi, c'est que la forme donnait à l'instruction et au procès des poisons échappait à la justice ordinaire, s'inscrivant dans le cadre de la justice retenue du Roi. Mais aussi, à observer le cercle des suspects, il cherchait surement à punir les coupables, en même temps qu'à limiter le scandale.

Or, celui_ci sembla rebondir, lorsque des bruits incontrôlables puis des accusations, sans preuves mais de plus en plus grave, visèrent la marquise de Montespan. Telle est la logique des affaires criminelles à incidences politiques: les pires scélérats voient diminuer leurs responsabilités, et augmenter le crédit que juges et opinion prètent à leurs accusations, dès que ces dernières ont une portée politique. toujours aveuglé par les élans de sa belle âme, La Reynie néglige une fois de plus les devoirs de réserve incombant à sa charge. Il oublie de même qu'il n'est pas minsitre de la Police (en 1680 le minsitre chargé de le police n'est autre que M. Colbert, au double titre de secrétaire d'état de Paris et de la maison du Roi). Il continue donc à pousser Louis XIV à rechercher la vérité - ou présumée telle -, sans s'occuper ni des personnes que l'enquête peut faire découvrir, ni des retombées que risquent de provoquer certaines investigations poursuivies en terrain mouvant.

La mère des enfants de César ne doit pas être soupçonnée

Dès les premiers bruits concernant la belle Athénaïs, Louis XIV interdit d'utiliser les registres pour les interrogatoires. Il y fallut des feuilles volantes. Dans un second temps, il demandera à la chambre ardente de ne s'occuper que d'affaires ou de personnes à propos desquelles n'apparaissait pas le nom de Mme de Montespan. Des juges dignes de ce nom - or, il n'en manquait point alors - ne pouvaient s'accommoder d'un tel programme. Le Roi, de son côté, ne pouvant accepter non plus de voir compromettre la mère de ses enfants légitimés, il ne restait plus qu'à suspendre la commission de l'Arsenal, à user de lettres de cachet et à disperser les derniers inculpés en divers châteaux royaux: cette mesure préserva quelques vies. Elle sauva du bûcher, notamment, les trois principaux accusateurs de la marquise, Le Sage, l'abbé Guibourg et Marie-Marguerite Voisin, fille de l'empoisonneuse. Ces individus méprisables n'avaient donc rien perdu, il avaient au contraire tout gagné, à médire sans mesure. [it.: Is fecit cui prodest].

Les insinuations hostiles à la favorite avaient commencé, comme par hasard, avec les réponses de Le Sage au lieutenant de police. Selon ce personnage, la Voisin aurait rencontré plusieurs fois à la cour deux femmes de la marquise de Montespan, la chambrière Catau et une demoiselle des Oeillets, ce qui sous-entendait, paraît-il, la négociation de poisons. La Voisin elle-même nia plusieurs fois le fait. En revanche, La Reynie soutira des dizaines de détails troublants à la Filastre (les 30 septembre et 1er octobre 1680), à l'abbé Guibourg, à la fille Voisin. Il paraissait résulter de cela que, de 1667 à 1679, Mme de Montespan aurait communiqué directement ou par messagères avec la Voisin, obtenant d'elle ou de ses conmplices toute sorte de maléfices. En 1667, la belle Athénaïs aurait acheté des sorts pour obtenir la disgrâce de Mlle de la Vallière et l'amour de Louis XIV. L'année suivante, elle se serait prêtée à une cérémonie peu orthodoxe, animée par l'abbé Mariette, également destinée à renforcer l'affection du roi. Auraient suivi quelques rencontres bizarres, en particulier des approvisionnements en liqueurs aphrodisiaques. C'est ce que la vraisemblance peut accepter avec ses funestes secrets. Madame de Montespan eu tort de frayer, même furtivement, avec la Voisin et Dubuisson; c'était une grave imprudence. Elle se compromit, elle si dévote, en accpetant des parodies de culte. Pour les horoscopes, les sorts d'expression banale, l'utilisation de "philtres d'amour", ce n'était là que peccadilles, démarches courantes en ce temps.

Mais, sentant combien la Reynie s'intéressait à ces révélations, les témoins eurent la diabolique idée de s'acharner, de broder, d'apporter de prétendues précisions sur de nouveaux crimes. On vit M. de Louvois allant rendre visite à Le Sage en sa prison de Vincennes, et certainement pas pour l'engager au silence. On vit la filastre assurer avoir donné à Mme de Montespan des poudres mortelles, puis tomber, au dire même de La Reynie, "dans une infinité de variations et de contradictions", et enfin tout nier quelques instants avant le supplice.  


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Message Posté le : Dim 13 Juil - 22:55 (2014)    Sujet du message : Publicité

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