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Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent
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Admin9637
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Message Posté le : Dim 4 Mai - 16:25 (2014)    Sujet du message : Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent Répondre en citant

CHAPITRE PREMIER

LES DANGERS DE LA BELLE ÉTOILE

     


« Le propre de l’homme n’est pas de vivre libre en liberté, mais de vivre libre dans une prison. »

L’homme est le plus vulnérable des animaux. Il n’a pas de carapace, pas de cuir, pas de fourrure. Il est plus nu qu’un ver de terre, plus fragile qu’un citron.

Pour le Grand Organisateur des catastrophes, il est un souffre douleur idéal car, parmi toutes les victimes, il est la seule à être consciente. Intelligent et ingénieux, il s’affaire comiquement pour échapper à son destin de gibier - ce qui rend plus attrayante la chasse à l’homme ouverte en permanence par la Nature.

Paradoxalement, les seules circonstances où l’homme ait le plus de chances de survie, ce sont les catastrophes dont il est en personne l’auteur responsable, c’est à dire les accidents de la route et les guerres.

Les statistiques le prouvent.

Enfermés dans des coquilles d’oeufs qu’on appelle des automobiles, les conducteurs de bolides foncent les uns derrières les autres, ou les uns contre les autres, se dépassent, se frôlant, s’évitant, avec une marge de sécurité réduite à quelques centimètres. Si l’on ajoute que les règles de ce jeu périlleux ne sont respectées par aucun des participants, on peut raisonnablement prévoir qu’il n’y aura pas de survivants à la fin de ce ballet démentiel. Or, les statistiques nous apprennent que, sur les millions de fous qui jouent quotidiennement à ce jeu, quelques milliers seulement u trouvent la mort; ce qui revient à dire que chacun de nous, en prenant la route, n’a pas plus de chances de périr de mort violente que de gagner un gros lot à la Loterie Nationale.

Environ 15.000 morts par an. Seulement. Et dans ce chiffre on compte les piétons écrasés - ce qui n’est pas honnête. De toute manière, par rapport aux centaines de millions de personnes qui, pendant 365 jours, ont volontairement tenté leur chance au jeu de l’auto et de la mort, la proportion des victimes est infinie. Pour ce sport viril qu’est devenue la migration motorisée du week-end, ce n’est pas une casse exagérée. En fin de compte, on s’aperçoit que le billard ou le croquet sont presque aussi dangereux.

Imaginons que les hommes affrontent avec la même insouciance, la même témérité, les forces hostiles de la Nature: quelle hécatombe! Heureusement, ils n’ont de cesse d’inventer des vaccins contre les épidémies, des digues contre les inondations, des maisons élastiques contre les tremblements de terre, des paratonnerres contre le feu du ciel, des silos et des conserveries contre la famine, des pilules contre la surpopulation, des religions contre le désespoir.

Les guerres permettent de tirer une leçon analogue, à la fois paradoxale et consolante. Il est stupéfiant de constater que, pour tuer un seul homme, il faut dépenser des tonnes de métal, d’explosifs, de phosgène, de pétrole, quoi encore? A la sortie de cet enfer déchaîné, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup plus de survivants que de victimes! L’assassinat collectif organisé n’est pas une activité rentable. Même la bombe atomique, à cause de son prix de revient, n’est pas payante. L’horreur qu’elle nous inspire vient de ce qu’elle est l’oeuvre de l’homme; mais à moindre frais, les séismes et les raz de marée, les famines et les épidémies, les inondations et les insectes tueraient beaucoup plus de monde.

Sans parler des grands cataclysmes naturels, l’homme est en butte aux agressions permanentes du climat, du décor, des éléments; en outre, il doit soutenir les hostilités ouvertes en permanence avec les forces invisibles tombant du ciel ou montant de la terre. En vérité, la nature est pour lui une ennemie mortelle. Quand il se dit et se veut « naturiste », ce ne peut être que par snobisme, et partiellement ou temporairement. En fait, pour survivre, il lui faut des vêtements et une maison.

Les autres animaux de la création résistent mieux, mais l’homme, lui, à mesure qu’il se distingue de la bête et sort de la barbarie, ne trouve son salut qu’en faisant l’escargot. La maison est son seul refuge, sa vraie protection. Pour être en sécurité, il lui faut un toit et quatre murs.

Dormir à la belle étoile est une expression poétique et charmante, mais la réalité qu’elle exprime est redoutable.

En fait, il est dangereux de dormir dehors la nuit; le minimum de prudence consiste à mettre un écran protecteur entre le dormeur et la « belle étoile » qui brille au dessus de sa tête.

Je précise bien que c’est le sommeil de nuit en plain air qui fait de l’homme une cible offerte sans défense à tous les rayonnements cosmiques et telluriques à l’état sauvage. Pour celui qui veille, les risques sont bien moindres. Quand à la sieste de l’après midi, elle ne présente que des avantages - à moins, bien entendu qu’elle ne soit faite à l’ombre d’un arbre maléfique. Mais, la nuit, le dormeur à la belle étoile se trouve en état de vulnérabilité absolue d’autant plus que les heures nocturnes sont celles où se déchaînent avec une violence sans retenue les bombardements et les déluges des forces invisibles (qu’elles soient spirituelles, physiques, électriques ou magnétiques).

Les dix survivants dormaient la tête sous le drap.

Un médecin américain de mes amis, avec qui je discutais des dangers de la « belle étoile », me raconta qu’il avait eu l’occasion assez terrifiante de vérifier au moins une fois le bien fondé de ma thèse.

C’était à la fin de la dernière guerre, en Allemagne. Il avait alors la responsabilité d’une ambulance militaire de campagne qui se déplaçait avec les premiers échelons de l’armée de Patton. Un jour, dans un désert de ruines (qui était quelques jours plus tôt la ville de Pforzheim, mais où plus un seul pan de mur ne restait debout), il avait fait dresser les tentes de son petit hôpital mobile.

Conséquence d’un bombardement ou d’un combat meurtrier dans ce secteur, mon ami reçut ce jour-là un afflux considérable de blessés. Plus une place sous les tentes. Impossible d’autre part d’organiser avant le lendemain un convoi pour évacuer vers l’arrière ceux qui avaient reçu les premiers soins d’urgence. Il fallait donc se résoudre à faire coucher dehors une vingtaine de blessés (vingt-trois exactement). En ce début de printemps, le temps était encore frais mais très beau. Ce n’était ni les lits ni les couvertures qui manquaient. Bien couchés, bien couverts, bien nourris, bien soignés, ces blessés devaient pouvoir supporter sans dommage une nuit à la belle étoile. On choisit d’ailleurs, pour ce camping forcé en plein air, les moins gravement atteints.

Pourtant, le lendemain matin, on constata que treize d’entre eux étaient morts (soit plus de 50 %), tandis que sous les tentes où gisaient des blessés dont l’état inspiraient des inquiétudes bien plus vives, le pourcentage de décès ne dépassait pas 5 %. Il avait suffit d’une toile de tente pour protéger les uns de l’agression de la « belle étoile » que les autres avaient subies de plein fouet.

Protection dérisoire, dira-t-on, si l’on croit à la réalité des rayons maléfiques attaquant, la nuit, l’homme qui dort! Qu’un plafond de pierre, un toit de tuile ou d’ardoise puisse être un écran efficace, on l’admettra à la rigueur. Mais une toile de tente !...

Mon ami américain n’hésitait pas à repousser catégoriquement cette objection.

- Je fus tellement troublé par cette hécatombe imprévisible, m’expliqua-t-il, que je n’eus de cesse d’en découvrir les raisons avouables. De l’enquête approfondie à laquelle je me livrai, je retins deux conclusions étranges:

1. Les dix survivants de la « belle étoile » avaient tous, cette nuit là peu et mal dormi: l’insomnie leur avait-elle permis d’offrir une meilleure résistance aux maléfices de la nuit?
2. Ils avaient tous l’habitude invétérée de mettre la tête sous le drap pour dormir. Le mince morceau de toile avait peut-être suffi à les protéger aussi efficacement qu’une tente ou qu’un toit.

« J’ai le sentiment, conclut le médecin, que la vraie protection du dormeur à la belle étoile est un écran plus symbolique que réel: un mouchoir peut être finalement aussi efficace qu’un couvercle de plomb. L’important, c’est d’avoir la tête couverte. Il s’agit d’une sorte d’obligation rituelle, d’un mystère de conformité. Je m’explique: ce qu’il y a de plus convenant pour la sécurité de l’homme qui dort, c’est une maison; la représentation, même purement symbolique, voire seulement analogique, d’un toit suffit à assurer la protection du dormeur, à rompre le faisceau des forces assaillantes, à décourager l’agression de l’invisible. »

« Une constatation similaire fut faite par le Docteur Encausse (Papus) lors de la Grande Guerre, en 1916, alors qu’il était médecin aux armées, (Note du copiste [un pseudo Leviathan]) »

Un échiquier surréaliste.

Je dois ajouter mon propre témoignage. Je suis passé par Pforzheim à peu près à la même époque, alors que j’étais moi-même détaché auprès de cette même IIIe armée U.S. De la ville il ne restait que le tracé des rues (lesquelles avaient été déblayées pour la circulation) se coupant à angle droit, composant un échiquier surréaliste dont les cases noires étaient un monceau de pierres calcinées et les cases blanches des décombres plâtreux. C’était le décor hallucinant d’un mystère hostile à l’homme.

Dans les villes torturées par les bombes et le phosphore, il subsiste en général quelques maisons, au moins quelques façades, qui survivent à la catastrophe. Elles sont mutilées mais debout; leurs moignons témoignent, un bras de charpente métallique se dresse de loin en loin pour appeler au secours. Ces ruines incomplètes vivent encore; elles jurent de dire la vérité, toute la vérité. En somme, elles plaident pour l’habitant, elles ouvrent un dialogue humain entre le bourreau et la victime. Dans ces champs de ruines, on n’écoute pas seulement le silence du néant, mais aussi un murmure rassurant de récrimination contre les horreurs de la guerre.

De Karlsruhe à Berlin, j’ai rencontré beaucoup de ces ruines ayant encore quelque forme de ville, utiles pense-bêtes à réveiller la mémoire, salubre rappel à la morale des guerres - pas plus vain, après tout, pas plus insolite que ces carcasses d’autos, statues de la Fatalité, que j’ai vues au Venezuela, placées sur un socle aux meilleurs virages de la route périlleuse qui descend de Caracas à la Guaira, destinées à rappeler aux fous du volant que l’accident, lui aussi, peur être considéré comme l’un des beaux-arts.

Mais à Pforzheim c’était autre chose; c’était un champ de ruines sans pittoresque ni relief, nivelé et quadrillé. J’ai eu l’impression que l’horreur en était arrivée à l’étape du non-figuratif, que l’avant-garde d’un art catastrophique abstrait y donnait spectacle. Le décor était une grille de mots croisés magiques, introuvables, qui causait un malaise atroce à l’amateur de rébus.

J’imagine dans ce décor les vingt-trois blessés hors d’abri pendant toute une nuit, sur des lits de fer alignés à distance réglementaire, offerts sans défense aux foudres invisibles qui consument jusqu’à l’amiante du dormeur. Rien qu’en évoquant cette scène, je tremble de peur. En tout cas, je comprend mieux pourquoi le plus grand bienfait de la civilisation c’est la maison.

Pour échapper aux souffles de l’Invisible.

Il ne s’agit pas de confort mais de sécurité. Pour manger, pour faire l’amour, et surtout pour dormir, il faut l’abri. Sinon, c’est l’inquiétude, la mauvaise digestion, le rut hâtif, le cauchemar, l’irruption de l’ennemi invisible qui triomphe sans lutte.

Pour échapper à ces dangers, déjà nos ancêtres de la Préhistoire cherchaient refuge dans les cavernes. Aujourd’hui, même les clochards préfèrent l’arche d’un pont, la bouche de métro ou l’encoignure d’une porte cochère; les plus déshérités, qui se contentent d’un banc public, ne négligent pas du moins de se couvrir la tête avant de s’endormir.

Poussé par l’instinct de conservation, l’homme veut un abri pour la nuit. Le nomade dresse sa tente, le sédentaire rentre sous son toit. Ce n’est pas pour se protéger du froid, du vent ou des bêtes; c’est plutôt pour échapper aux souffles de l’Invisible, aux courants indécelables qui balayent l’étendue nocturne, aux feux croisés de la terre et du ciel, pour ne pas demeurer nu et désarmé dans le no man’s land de la mort sans nom.

certes, je n’aurais pas le ridicule de prétendre que tous ceux qui dorment à la belle étoile sont condamnés à mort. J’affirme seulement que l’on a intérêt à s’épargner une telle épreuve car, même si les conséquences n’en sont pas mortelles, elles sont toujours (bien que parfois à notre insu du moment) blessantes. Il est donc absurde et dangereux - sous prétexte de sport, d’hygiène ou de naturisme, par snobisme ou par insouciance - d’affronter sans protections les périls d’une nuit en plein air. Je l’ai fait dans ma jeunesse, en quelques occasions, - par nécessité de soldat ou d’explorateur - et je m’en repens encore. Croyez-m’en sur parole: méfiez-vous de la belle étoile.

Les enfants d’Attila et les fils de la louve.

La maison est un complément nécessaire de l’homme. Ce n’est pas tant une question de confort que de sécurité morale. Un individu ne peut accomplir son destin social qu’en devenant un habitant; sa personnalité ne peut s’épanouir réellement que s’il est couvert par un toit.

Les nomades n’ont qu’un ersatz de maison: une tente ou une roulotte. Aussi n’ont-ils qu’une apparence de civilisation. Ce sont des êtres inachevés, instables dans le bonheur comme dans le crime. Ils n’ont pas d’avenir, ne laissent pas trace de vie ni de création sur leur passage. Il y aura toujours la guerre entre les enfants d’Attila et les fils de la Louve. Les nomades ne commenceront à exister vraiment qu’en devenant sédentaires.

Quelle que soit la bénignité de sa nature, un vagabond finira toujours par se comporter comme une bête. L’errant est forcément asocial, anormal, dangereux. La méfiance bourgeoise - si vigoureusement stigmatisée et ridiculisée par tous les conformistes gauchistes qui se sont succédés depuis le romantisme - contre le chemineau, contre quiconque n’a « ni feu ni lieu », cette méfiance est saine et justifiée: plutôt que de la moquer, il faut la renforcer.

C’était du moins l’avis de mon ami Job qui, pourtant, toute sa vie, eut à souffrir de cette méfiance. Impénitent trimardeur, il avait l’habitude d'être suspecté, repoussé, chassé par toutes les communautés de sédentaires auxquelles il se frottait au cours de ses errances.

- Ces gens à maisons, me disait-il, ont raison de se protéger, de se tenir fermés contre moi. Je vais vous expliquer pourquoi...

Job affirmait que tous les enfants nés à la Saint-Michel ont l’esprit d’aventure. Lui, il avait vu le jour un 29 septembre en basse Bretagne. Aussi, depuis son certificat d’études, n’avait-il pas cessé de courir les routes de France, vivant sans toi ni loi, louant ses bras dans les fermes, braconnant par-ci, chapardant par là, libre et heureux - du moins l’ai-je cru pendant longtemps, jusqu’à ce qu’il me fasse le plus difficile des aveux.


Le plus libre des pauvres.

Presque chaque années, Job trouvait le moyen de venir me rendre visite. Il ne s'arrêtait que quelques jours chez moi, le temps qu’on ajuste à sa carrure un de mes vieux costumes ou que le dentiste du pays lui arrache à mes frais quelque dent cariée.

Mes relations avec Job remontent à l’époque très ancienne où la sécurité sociale n’existait pas. En ce temps là, les pauvres étaient responsables et couraient les yeux ouverts, vers une vieillesse sans retraite.

Justement, Job était le plus libre des pauvres que j’aie connus. Le voir si pauvre et si libre, si démuni de toute protection civique, si peu solidaire d’une société dans laquelle il vivait en paria volontaire, me donnait, à chacune de ses visites, une délicieuse mauvaise conscience: mauvaise, parce que j’avais honte de m’intéresser au pittoresque au pittoresque et au fantastique social plutôt qu’aux misères humaines; délicieuse, parce que (Dieu merci!) toute vocation justicialiste, socialiste ou syndicaliste était aussitôt étouffée au seul contact de ce géant haillonneux, qui ne consentait à travailler qu’accidentellement, respectait pourtant sincèrement n’importe quel patron temporaire et entrait avec désinvolture dans le jeu si rassurant du paternalisme.

De plus loin que j’apercevais sa barbe de jais et son chapeau rond crasseux, je lui criais: « Soyez le bienvenu, Job » Il attendait, debout à la grille du jardin, que je l’invite à entrer. Mon chien, qui le reconnaissait d’une année à l’autre, était déjà en train de lui faire la fête ; il le sentait venir de loin et n’aboyait jamais à sa rencontre.

- Je n’aurais pas voulu passer par votre village sans vous saluer, me disait Job poliment.

Après les compliments d’usage, on se serrait la main gravement et je le conduisait à la cuisine pour y trinquer au vin rouge. Ce rite accompli, je l’accompagnais cérémonieusement au bûcher, où il faisait sa couche, comme la fois précédente, en étendant une botte de paille sur la sciure de bois. La vraie conversation ne venait qu’ensuite.

- A force de coucher dehors, me disait Job, je suis devenu une bête. Mon âme s’est peu à peu évaporée. Je vis selon mes instincts, mes besoins et mes habitudes. Je n’ai plus ni honneur, ni morale, ni ambition. Je ne pense plus jamais ni à l’avenir ni à la mort. Je suis vraiment un animal...
- Domestique ou sauvage?
- Mes habitudes sont domestiques, mes instincts sont sauvages. Un compromis s’établit entre les deux. Si j’habite plusieurs jours de suite dans une maison, je sens une âme repousser au fond de moi; mais quand je couche pendant trop longtemps dans la nature, ma conscience d’homme s’enfonce et disparaît.
- Comment êtes-vous le plus heureux, Job, avec ou sans âme?
- Quand j’ai une âme, je sais que je suis malheureux. Quand je n’en ai pas, je ne sais pas que je suis heureux.
- Vous avez choisi de vivre libre, sans attache, sans domicile, sans métier... Personne ne vous oblige à mener cette existence de vagabond. Vous êtes fort, vous êtes intelligent, vous êtes même assez instruit et encore assez jeune pour pouvoir vous réintégrer facilement dans la société des sédentaires. Qu’attendez-vous pour le faire?
- J’attends que ma maison soit habitable...
Le maître mot était lâché; je tenais la clé du mystère. Privé de sa maison natale, Job était incapable d'être heureux; mais cette maison était maudite et si fortement maléfique qu’aucun habitant ne pouvait y vivre sain et sauf.

Un lieu-dit « Ker-Faou »

C’était une chaumière retapée au torchis, isolée dans une lande où le genet pousse mieux que la pomme de terre. A mesure que de nouveaux maudits naissaient sous ce chaume, les plus âgés quittaient la place, soit pour le cimetière, soit pour s’égailler au hasard des caisses de chômages agricoles ou urbaines.

Job avait appris très tôt que cette maison portait malheur. Quand il fut atteint, à son tour, par la malédiction, bien qu’encore adolescent, il se sentit littéralement chassé dehors, puis poussé devant par la force du destin, comme le Juif errant (quoique pour d’autres raisons). Ce qui n’empêchait pas pourtant que les regrets de sa maison en marchant le suivaient.

Incapable de se fixer sous un autre toit moins chargé de menaces, il était devenu nomade parfait et avait rompu toute attache sociale. Il avait dû alors affronter les dangers de la belle étoile, qu’il ignorait encore mais qu’il apprit vite à connaître. A l’expérience, il estima que les dangers étaient moins redoutables que ceux d’une maison maléfique. Pour ma part, tout bien pesé, je crois qu’il avait raison.

Les confidences de Job avaient piqué ma curiosité, je voulus connaître cette chaumière maudite. Je profitais donc d’un séjour estival dans cette région de basse Bretagne pour me lancer un beau matin dans la lande à la recherche d’un lieu dit « Ker Faou » dont la carte Michelin ne fait même pas mention.

J’ai fini par trouver l’abominable masure. Je l’ai visitée, je l’ai auscultée. Je ne la décrirai pas: ce serait céder à la facilité littéraire la plus basse. Je me contenterai de l’évoquer en une seule phrase où le lecteur pourra mettre tout ce que son imagination lui suggère: je n’ai jamais vu, dans toute ma vie, une maison plus maudite, plus hostile à l’homme, plus imprégnée de malheur.

A l’époque, j’ignorais qu’il existât des moyens efficaces pour neutraliser le maléfice des maisons. Aujourd’hui que j’ai appris et expérimenté ces moyens, je me demande pourtant s’ils auraient été capables de désamorcer une malédiction aussi puissante que celle qui pesait sur la chaumière natale de Job.

C’est d’ailleurs pourquoi j’ai coutume de faire référence à cet exemple comme au seul cas de maléfice vraiment irrémédiable que j’aie connu.

Voilà bien longtemps que je n’ai rencontré mon ami Job. Plus de trente ans. Mais mon souvenir lui reste fidèle. Qu’est-il devenu? Sans doute est-il mort: il a du cracher sa pauvre âme à Dieu quelque part en France, sur le trimard, au revers d’un fossé pelé. Loin de sa maison maudite. A moins qu’il ne soit encore vivant? Pourquoi pas, puisque je le suis bien moi-même? Il est vrai que j’ai quitté ma maison (laquelle pourtant n’était pas maudite) depuis beaucoup d’années, et si Job y est revenu « pour me saluer en passant », personne n’a pu lui dire pour quel autre pays j’étais parti. C’est déjà mourir que de perdre ses amis.

En tout cas, si Job vit toujours, son sort s’est certainement amélioré, car il est délivré de la malédiction de Ker Faou. J’ai appris que sa chaumière a été brûlée par les Allemands en 1944. Elle servait de refuge à des francs-tireurs. Ceux qui ne grillèrent pas à l’intérieur furent fusillés sur les ruines fumantes. Jusqu’au bout, la sinistre chaumière aura donc porté malheur à ses occupants. Le feu, je l’espère, a purifié ces lieux maudits. Je souhaite qu’on y sème du sel.

Les îlots insalubres.

De nos jours, on appelle d’un autre nom le clochard et le chemineau. Les moeurs sont plus douces, la morale plus tolérante. Beatniks ou hippies, ce n’est pas la misère qui oblige ces jeunes gens à coucher dehors; ils ne cherchent pas non plus (comme Job) à fuir le maléfice d’une maison. Il s’agit plus simplement d’une manifestation d’infantilisme. Mais, pour se faire prendre au sérieux et se donner meilleure mine, ces vieux bébés se barbouillent avec quelqu’une des couleurs que leur offre la riche palette de la Sottise-aux-cheveux-longs: la plus employée est la contestation, mot magique qui donne une « motivation » noble au comportement le plus saugrenu et qui est capable de faire prendre la crasse pour de la patine.

Je n’aurais pas à m’occuper ici des hippies s’ils n’étendaient leur « contestation » à la maison. Par snobisme, les voilà ennemis du clos et du couvert que tout propriétaire doit à son locataire. Ces doux dingues n’hésitent pas à se rassembler par dizaines de milliers dans un champ de betterave pour écouter les borborygmes de la Pop’Music pendant des jours et des nuits. Si vraiment ils en viennent par instinct grégaire ou par goût personnel, à préférer la belle étoile au toit bourgeois, alors ils n’ont pas fini de me donner raison. Nous verrons leur aventure, commencée en pittoresque loufoquerie, s’achever par une dégradation irréparable de l’individu. Leur seule utilité sera désormais de servir d’ilotes pour dégoûter les jeunes bourgeois de leur vice préféré: le gauchisme. Malheureusement, ce sont des ilotes insalubres.

3 fois M.

Beaucoup d’entre eux, sinon tous, se prétendent révolutionnaires. Ils souhaitent détruire la détestable société existante, ruiner tout ce qui existe, pour construire plus facilement sur la table rase un ordre nouveau.

Louable intention! Mais, s’ils veulent vraiment réussir une révolution fondamentale, ils devraient la commencer par l’urbanisme, par l’architecture.

Ce qui détermine et conditionne le plus fortement l’homme, ce qui lui donne sa vraie densité sociologique, un comportement, une éthique, un idéal, c’est sa maison.

Cette ligne de points de suspension représente toutes les objections raisonnables que l’on peut faire à une telle affirmation. Exagérée, absurde, paradoxale, fausse sont les plus douces épithètes que chacun, selon son appartenance philosophique, politique ou religieuse, pourra appliquer à ma proposition.

Devant la réprobation unanime, je me fais humble mais je reste têtu. Je suis sur, je sais (par intuition autant que par expérience) que l’habitant, sous l’influence de l’habitation, change, évolue, se transforme, autant dans ses habitudes de vie que dans sa façon de penser, autant dans ses moeurs que dans ses croyances. Aussi, plutôt que de perdre le temps si précieux de sa jeunesse à lire les gros ou petits livres plus ou moins rouges de Marx, Mao ou Marcuse, un vrai révolutionnaire devrait-il d’abord étudier l’architecture et l’urbanisme. Les 3 M, c’est bon pour les idéologues oisifs et impuissants; les révolutionnaires virils et sérieux, ceux qui veulent épargner à l’humanité les massacres, la terreur et la servitude qui se produisent toujours quand on change par la force les institutions avant d’avoir changé la mentalité des individus, ces révolutionnaires-là, soucieux d’abord d’efficacité, feront bien de commencer par apprendre à construire les maisons nouvelles qui inclineront puis contraindront les hommes à rénover la société. Comme le dit très justement un sculpteur-urbaniste dont je vais vous parler tout à l’heure: « Un bedeau dans une église romane ne pourra pas créer et prévoir l'Église de demain. » De même est-il impossible à l’habitant d’une H.L.M. d’imaginer l’ordre nouveau et de travailler utilement à son avènement.

Une maison à cloisons invisibles.

Quatre murs surmontés d’un toit, c’est ce qu’il y a de plus important au monde. Le bien et le mal, le meilleur et le pire viendront de là pour l’homme qui vit, qui mange et qui dort, qui pense et qui imagine, qui se révolte et qui se résigne, qui aime et qui hait, qui travaille et qui paresse, qui crée et qui rêve, qui souffre et qui jouit, dans ce tiroir ou ce cube aménagé avec plus ou moins de confort et de raffinement.

Aucun être vivant n’échappe à l’influence de la maison qu’il habite. C’est pourquoi, pour la contestation et la révolution, il me semble beaucoup plus important de construire « une maison à cloisons invisibles », comme l’a fait un architecte de soixante-cinq ans nommé Nicolas Schoffer, plutôt que d’avoir vingt ans et de barbouiller de graffiti les murs des universités, de rosser ses professeurs, de fumer de l’herbe à chat, d'être sale comme un peigne et chevelu comme un Absalon.

Il est vrai que la maison de M Schoffer n’est pas restée longtemps debout: dix jours seulement, le temps que dura une certaine Exposition des travaux publics et du bâtiment. Ce n’était qu’une expérience. Elle inquiéta sans convaincre. C’est ce qui se produit toujours quand une fenêtre s’ouvre trop brusquement sur l’avenir.

Je n’ai pas eu la chance de visiter cet étrange chef-d’oeuvre, mais la description qu’en a faite son auteur suffit à m’enchanter :

« En 1955, j’ai réussit par un miracle inexplicable à obtenir des crédits pour réaliser une maison à cloisons invisibles. Pour dix jours. Parce que, en France, on peut faire vraiment des expériences architecturales très chères à condition que ça ne dure pas très longtemps. J’ai fait une maison en forme de trou de serrure, avec une partie trapézoïdale et une partie circulaire, pas de cloison entre les deux parties.

« L’élément trapézoïdal était totalement insonore, froid et bleu. Dans la partie circulaire, en revanche, il y avait une lumière rouge, chauffage par infrarouge à 45°, et énormément de bruit...

Quand on traversait l’intersection imaginaire entre le trapèze et le cercle, on changeait totalement d’ambiance. »

Décidément, je suis de plus en plus convaincu que le contenant peut provoquer une mutation du contenu. L’habitant d’une maison à parois immatérielles aura certainement une autre démarche intellectuelle, une autre manière de créer l’avenir (le sien et celui de la société), que l’habitant du traditionnel pavillon de banlieue.

D’ailleurs, l’architecture n’est-elle pas justement le paramètre le plus commode et le plus signifiant d’une époque ou d’un règne? Que le lecteur me pardonne si je ressasse des lieux communs; mais, de truisme en truisme, ces paliers de l’évidence, on arrive plus facilement à faire accepter à la fin du compte une vérité paradoxale. Allons-y !

Des pyramides à la lessive.

Chacun des « règnes » - chacune des époques, voire des ères - (dont la succession compose l’histoire de l’humanité) peut être symbolisé par un monument qui exprime à lui seul, avec une évidence indiscutable, la vérité et la valeur, l’essence et l’existence d’un certain moment de civilisation.

Est-il besoin d’illustrer cette proposition par des exemples? Ce n’est que du bavardage de salon. Les pyramides, oui, représentent bien l’Égypte des pharaons, expliquent à leur manière les causes et les effets de sa mystérieuse avance sur la marche du genre humain. Le temple d’Angkor et son rébus de pierres suffisent à résoudre l’énigme khmère. Quant au fameux miracle grec, qui en dénonce mieux les secrets que le Parthénon et l’Erechthéon? Du plus lourd morceau d’histoire romaine - la loi, les dieux, les jeux, le César et la Plèbe - nous avons ce raccourci monstrueux:: le Colisée, « monceau de pierre assis sur un monceau de gloire ».

On peut continuer à accumuler les preuves; il n’y a qu’a survoler les siècles, en s'arrêtant à chaque étape au monument le plus signifiant.

Il est certain que la cathédrale de Chartes, cette Brocéliande de pierre de la chrétienté, en dit plus long que toutes les exégèses sur le printemps mystique d’une race dont nous ne sommes plus aujourd’hui que l’hiver privé de sève.

Il est vrai que le château de Versailles et l’hôtel des Invalides démontrent, avec une évidence qui crève les yeux, pourquoi et comment le siècle de Louis XIV fut grand. Celui de Louis XV ne le fut pas moins, il le fut même un peu plus puisqu’il ajouta la grâce à la grandeur. « Artifice d’artificier », au finale d’une fête du goût et de l’élégance, les architectes de ce temps-là ont parsemés la France d’innombrables chefs-d’oeuvre qui nous rappellent aujourd’hui - presque à chaque coin de rue dans les bons quartiers - que l’Ancien Régime, c’était vraiment la douceur de vivre.
L’éclipse de civilisation qui suivit s’exprima, si l’on peut dire, par une absence d’architecture. En fait de monument, la Révolution française n’a dressé que les deux montants de la guillotine...

Amusons-nous à poursuivre le survol jusqu’à nos jours. Notre propos y trouvera de nouvelles vérifications.

La IIIe République a la chance d'être représentée par la tour Eiffel, et la malchance d’avoir souffert après la Grande Guerre d’une éruption de monuments aux morts, d’une laideur tératologique, qui n’épargna pas une seule commune du terrorisme national.

A la IVe république on ne peut trouver qu’un symbole architectural assez médiocre: H.L.M. aux cloisons en buvard mâché et à toiture poreuse.

Quand à la Ve, son originalité (unique dans l’histoire de l’humanité), c’est d’avoir exprimé sa grandeur non pas par un monument mais par une lessive. Ce n’est ni un palais ni une chaumière qui témoignera pour ce régime devant la postérité, c’est un shampooing. Les torrents détersifs qui ont ruisselé sur toutes les façades parisiennes ont redonné à la ville une merveilleuse et émouvante jeunesse. Ce blanchiment du décor hérité des siècles précédents est bien, en fin de compte, plus significatif du règne gaulien que la réduction de la patrie aux limites de l’hexagone ou l’explosion de la première bombe atomique française.

   


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Message Posté le : Dim 4 Mai - 16:25 (2014)    Sujet du message : Publicité

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Admin9637
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Message Posté le : Sam 10 Mai - 08:56 (2014)    Sujet du message : Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent Répondre en citant

CHAPITRE II
   

LES SEPT PLAIES DES GYPSES

   


L’Architecture est le premier des Beaux-Arts; les autres sont de rangs inférieur.

Pourquoi cette prééminence? Parce que c’est le seul des arts d’agrément ou d’industrie que l’on puisse tenir pour responsable du bonheur et de la sûreté des hommes.

« La Beauté n’est jamais, ce me semble, qu’une promesse de bonheur », disait Stendhal. Promesse jamais tenue par aucun des arts fabricants de Beauté, sauf par l’Architecture. Quant à la sécurité, l’Architecture est seule aussi à pouvoir la donner.

La Peinture n’est qu’un art d’ameublement et une Bourse des couleurs. La sculpture ne peut faire mieux que peupler les parcs et les places de bustes et de statues. La musique attaque les parties molles de l’ame. La Danse est une volupté sans procréation et une prière jamais exaucée. Le Théâtre est un art de société à responsabilité limitée. L’Éloquence, c’est l’art du mensonge et de la trahison. L’Assassinat, c’est l’art de la guerre miniaturisé. La Poésie, avec sa clé d’or, n’ouvre plus que des coffres vides...

Tandis que l’Architecture, elle, est pleine de sens et de puissance. Elle a une vocation à la fois esthétique et sociale. Selon que le décor créé par elle sera plus ou moins beau, selon que les maisons bâties par elle offriront aux habitants plus ou moins de confort, matériel et moral, plus ou moins de conformité à l’ame et à la chance de chacun, les hommes seront différents; ils seront, en fin de compte, plus ou moins heureux.

Or, le bonheur, y a-t-il rien de plus important? C’est le but de tous les espoirs, de tous les voeux, de tous les efforts; sa recherche sert d’excuse bien souvent aux petites lâchetés comme aux grands vices, voire aux crimes.

Eh bien ! puisque la maison peut décider du bonheur ou du malheur des habitants, on ne saurait prendre trop de soin à la choisir idoine, avant de se risquer à y emménager. L’hygiène, le confort, les commodités ou l’agrément des aitres ne sont pas des motifs suffisants pour se décider. Plus important que tout est le facteur que j’appellerai de conformité: il s’agit de savoir, avant tout, si un logement convient ou ne convient pas à ses occupants, s’il leur est bénéfique ou maléfique, s’il protège leur santé ou la ruine, concourt à leur bonheur ou à leur malheur.

Mais est-il possible de s’en rendre compte avant d ‘«entrer dans les lieux » (comme disent les agents immobiliers)? Existe-t-il un moyen de découvrir la malfaisance d’une maison, avant de le vérifier à ses dépens en y habitant?

Si je pouvais répondre oui à cette question, avec la plus tranquille assurance, je ne serais pas en train d’écrire ce livre.

Mon propos, en effet, est justement d’enseigner à tous ceux qui voudront bien me lire:

1. Comment détecter les maisons dangereuses;
2. Comment purifier, neutraliser, rendre inoffensifs les lieux dangereux ou maudits quand malheureusement on est contraint d’y vivre;
3. Quelles précautions il convient de prendre avant de construire ou d’acheter une maison.

Pris au piège.

La beauté, l’agrément, le confort d’une maison ou d’un appartement sont faciles à estimer. Une simple visite suffira à l’éventuel acheteur ou au candidat locataire pour apprécier la dimension, la clarté, l’ensoleillement des pièces, la distribution des aitres, les commodités, l’insonorisation, la vue, l’aération, l’environnement... que sais-je encore?

Pourtant, le visiteur le plus méticuleux ne saura pas, au moment de se décider, si ce logement lui convient réellement. Ce n’est ni un architecte, ni un hygiéniste, ni un décorateur, ni un artisan quelconque, qui sera capable de le renseigner, éventuellement de lui crier: « Attention ! cette maison qui vous parais si belle, si confortable, si bien située, elle est dangereuse pour vous: vous y serez malheureux ou malade. Surtout, n’y entrez pas sans vous être assuré auprès d’un spécialiste qu’il sera possible de rendre votre logement salubre et inoffensif... »

En entrant dans le logement qu’il vient de louer ou d’acheter, le nouvel occupant ne se doute pas qu’il tombe dans un véritable piège; son destin va désormais être irrémédiablement influencé par cette boite magique faite de quatre murs, d’un plafond et d’un plancher. Car le foyer - qu’il soit familial ou célibataire - tient l’homme prisonnier d’un réseau de lignes et de forces qui conditionne sa santé, son bonheur et sa chance.

Oui, dans son logement, l’homme est pris au piège. Dans ces lieux où il vit, où il dort, où il s’intègre à la fois à une communauté humaine et à un décor géographique, il risque d'être bombardé, transpercé, malaxé, informé, conditionné par des forces qui naissent et jaillissent soit du sous sol, de l’implantation de la maison, soit des déluges immatériels qui tombent du cosmos, soit des matériaux mêmes dont est faite la maison, soit des lignes inventées par un architecte irresponsable, soit des objets ou du décor dont la géométrie peut faire rayonner des « ondes de forme » plus ou moins violentes, soit des mystères symboliques ou analogiques qui commandent encore inexplicablement tant d’influences occultes, soit de la mémoire des murs qui, ayant enregistré au cours des années des événements dramatiques ou pénibles, suintent encore le malheur ou le crime jusqu’à pourrir l’atmosphère des vivants...

Pour ces raisons - pour une seule ou pour plusieurs - le logement (ou une partie du logement) devient une caisse de résonance dans laquelle l’occupant n’est plus qu’un jouet de toutes ces forces multipliées et déchaînées.

Certes, il y a des maisons neutres qui n’influenceront l’occupant par rien d’autre que par leurs commodités ou leurs désagréments, leur luxe ou leur misère, leur confort ou leur insalubrité. Certes, il n’est jamais indifférent de vivre dans un taudis ou dans un palais, dans un rez-de-chaussée sur courette obscure ou dans un 7e étage ensoleillé, de vivre à quatre personnes dans un petit studio avec un placard cuisinette ou à deux dans un quatre pièces grand standing. Mais ces inconvénients ou ces avantages (conséquence inévitable de l’inégalité des fortunes) sautent aux yeux; ce sont là des conjonctures efficientes sans mystère comme sans remèdes. Au contraire, il est possible de combattre ou de diriger les influences invisibles qui font l’objet de mon étude, celles qui rayonnent des murs à l’insu de l’habitant et décident de son destin.

Il est très utile de pouvoir déceler ces influences avant d’en être la victime. N’est-ce pas? Combien de gens ont été égrotants toute leur existence, combien sont morts prématurément parce qu’ils ignoraient que leur maison était construite sur une faille géologique ou traversée par un courant tellurique! Combien de pitoyables tâtés ont gâchés leurs chances, ruiné leur bonheur familial, pour la seule raison qu’ils habitent (sans le savoir) un logement maléfique ou maudit!

Certains veinards, au contraire, ont gagné le bonheur simplement parce qu’ils demeuraient dans des maisons dont le rayonnement invisible favorisait leur entreprises, confortait leur santé, créait autour d’eux un climat de chance.

Car il y a aussi des maisons du Bonheur: ce sont celles où l’habitant se trouve en harmonie si parfaite avec l’habitation que sa Chance est exaltée jusqu’à acquérir une vibration extraordinaire. Ces sortes de refuges privilégiés prédisposent au Bonheur, créent les conditions d’une vie heureuse, bref sont bénéfiques - et le sont avec la même force, avec la même évidence que d’autres maisons manifestent leur malfaisance.

Pour un logis, il ne peut exister une qualité plus précieuse que de porter bonheur à ses occupants. Un tel avantage - bien reconnu et prouvé - devrait suffire à décupler son prix de vente ou de location.

Mais qui oserait en faire état? Preneur et bailleur ont-ils jamais déclaré devant notaire que les lieux faisant l’objet de leur contrat sont bénéfiques, ou pour le moins ne sont pas maléfiques? Ce sont là épithètes inconvenantes dans les tractations immobilières.

Tant pis! En tout cas, il me semble injuste que les maisons du bonheur ne bénéficient pas d’une plus-value, puisque les maisons du malheur - elles - sont bel et bien dépréciées. Des immeubles, des appartements sont pratiquement invendables parce qu’ils ont mauvaise réputation. Calomnie ou médisance, les accusations de ce genre se répandent vite et loin; elles trouvent toujours créance et une crainte superstitieuse décourage les acheteurs.

La bonne affaire de Maurice Besson.

Le célèbre guérisseur Maurice Besson me confiait un jour, parlant à ma personne, qu’il avait acheté bien au dessous de sa valeur réelle la belle villa qu’il habite à Panizol, aux environs de Limoges.  Dans la région, cette maison passait pour porter malheur; ses anciens occupants étaient morts du cancer.  Évidemment, Maurice Besson n’était pas homme à se laisser intimider par une menace de cette nature.  Il avait les connaissances et les capacités suffisantes pour ôter le maléfice de cette maison.  Aussi n’hésita-t-il pas à se porter acquéreur, réalisant une affaire extrêmement avantageuse.  Il purifia la villa de toute influence mauvaise (par un procédé dont je serai amené à parler dans un autre chapitre de ce livre).  Depuis lors, la famille besson vit heureuse et en bonne santé dans la villa « Chatanika » où précédemment régnait le malheur et la maladie.

Bonheur à domicile.

Si l’on habite une maison « neutre » ou bénéfique, il n’y a pas grand intérêt à le savoir.  L’apprendre ne changera rien au comportement de l’habitant.  Mais si l’on occupe une demeure maléfique, il est très important d’en être informé avec certitude: on aura ainsi la possibilité soit de la fuit au plus tôt (le pire déménagement vaut mieux que de subir une fatalité malheureuse), soit de l’assainir par des procédés relativement simples dans le plus grand nombre de cas.
Expliquer ces procédés - dont les uns sont purement scientifiques et les autres ressortissent peu ou prou à une espèce de magie empirique - c’est justement l’objet de cette étude.  La difficulté, c’est que les procédés varient selon la nature du maléfice.  Constater l’effet est à la portée de tout observateur honnête; en trouver la cause demande des connaissances et une technique qui ne s’enseignent encore dans aucune université.  Si l’on veut agir utilement, il faut que le diagnostic ne soit pas approximatif, mais au contraire rigoureusement précis pour que le remède puisse être approprié exactement au mal.
De toute manière, le plus important c’est de ne pas subir sa maison aveuglément et passivement.  Surtout ne pas se résigner, mais chercher d’où vient le malheur afin de pouvoir y remédier.  Pour tout habitant, le premier soin doit être de percer le mystère des murs entre lesquels il vit, son premier devoir de prendre en conséquence les précautions et les mesures utiles pour que le Bonheur vienne au rendez-vous à domicile.

Les causes du maléfice.

De très nombreux correspondants (amis ou inconnus) m’ont écrit pour me signaler des maisons maléfiques.  Ils me donnaient les preuves, les références.  J’aurais donc pu vérifier chaque cas l’un après l’autre.  Mais où trouver le temps et l’argent pour mener une telle enquête?  A quoi bon, d’ailleurs?

Mon intention ne sera jamais de convaincre qui que ce soit qu’il existe réellement des lieux maudits portant malheur à leurs occupants.  Une démonstration en règle, appuyée sur des constatations irréfutables, serait incapable de changer en conviction le doute d’un sceptique.  Un rationaliste, victime criante d’un maléfice, ne sera pas ébranlé dans son scepticisme, alors qu’un superstitieux rendra le mauvais sort responsable de son malheur, quand bien même la cause en sera, de toute évidence, fortuite ou naturelle.  Il est vain d’essayer de convertir en prouvant; jamais un raisonnement n’a amené personne à changer d’opinion.

Je m’adresse à ceux qui savent (par expérience ou par foi) qu’il est dangereux de braver les tabous, et je veux leur donner le moyen de le faire impunément.

Je m’adresse surtout à ceux qui s’inquiètent de risquer leur santé, leur bonheur et leur Chance en entrant à la légère dans une nouvelle demeure; à ceux qui désirent connaître les précautions convenables à prendre avant de construire leur villa de retraite; à ceux qui ont besoin d’assainir, pour y  survivre, une résidence maudite...

Tous ces « habitants » inquiets à un titre quelconque, il s’agit, non de les convaincre par preuves et arguments d’une réalité qu’ils ne mettent pas en doute, mais de les rassurer et de leur venir en aide.  Riche matière, difficile à ordonner!

Un ordre logique serait d’étudier l’une après l’autre, après les avoir déterminées, les diverses causes qui peuvent rendre maléfique une maison, dangereux le séjour prolongé dans certains lieux; puis de donner les moyens pratiques soit de supprimer la cause, soit d’en combattre l’effet, c’est à dire, d’une manière ou d’une autre, de neutraliser le maléfice.  Après le diagnostic, le remède.  D’accord?

Finalement - non sans avoir hésité longuement avant d’adopter ce classement - il m’apparaît que les causes pouvant provoquer malaise, maladie ou malheur (encore les 3 M!) chez les occupants d’un logis quel qu’il soit sont au nombre de sept:

L’implantation: la maison est construite sur un terrain imperméable; au dessus d’un courant d’eau souterrain ou d’un gisement de minerai; d’une faille géologique, d’une cavité fermée; sur un emplacement vulnérable aux électro-filtrations, infesté (pour une raison quelconque) d’ondes nocives.

Les « ondes de forme » sont seules responsables.

Ionisation possible de l’air pour une raison ou pour une autre.
Les matériaux dont est faite la maison (ou les meubles et les objets qui s’y trouvent) sont par nature maléfiques.

La maison, en totalité ou en partie, a subi une malédiction ou une interdiction (Dans ce dernier cas, c’est le curieux mystère du « Sanctuaire ».)

La mémoire des murs, la mauvaise haleine du passé empoisonnent les aitres du présent.

La malchance et le mauvais oeil d’un ou de plusieurs des occupants finissent par imprégner le décor et l’ambiance qui émettent à leur tour des ondes maléfiques: reflets, échos, contrecoups, carambolages, tennis détestable où l’habitation et les habitants se renvoient indéfiniment des ondes dont la malfaisance s’accroît en se répercutant.

L’infirmité, la nocivité, le vice d’une maison peuvent provenir d’une de ces sept causes.  Ce sont (si j’ose risquer le plus inexcusable des à-peu-près) les sept plaies des gypses - chacune d’elles étant assez puissante pour infecter les gypses et les pierres, les ciments et les plâtres, pour rendre un logis inhabitable, ou du moins dangereux pour un séjour prolongé.


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Message Posté le : Dim 8 Juin - 10:17 (2014)    Sujet du message : Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent Répondre en citant

CHAPITRE III

LES MAISONS - A - CANCER


C’est façon de parler.

Il convient d’abord de s’entendre sur une telle qualification qui, dans bien des cas, est abusive. En effet, les maisons dites « à cancer » ne sont parfois que des maisons à rhumatismes, ou à asthme, ou à maladies plus ou moins psychosomatiques. D’autre part, quelle que soit sa nocivité, aucune maison n’a jamais eu le privilège maléfique de contaminer tous les gens vivant entre ses murs. Dans la réalité, les maisons à cancer épargnent beaucoup plus d’habitants qu’elles n’en tuent. On est pourtant en droit de les désigner sous cette appellation infamante lorsque les victimes du redoutable mal y sont beaucoup plus nombreuses que le calcul des probabilités ou les moyennes statistiques ne pouvaient le laisser prévoir.

Quand aux survivants, on peut se demander si leur immunité est due au hasard ou à la précaution. Eh bien, la réponse correcte est: ni à l’un ni à l’autre!

En fait, chaque être vient au monde avec une prédisposition à certaine maladie plutôt qu’à une autre: l’un attrapera plus facilement la tuberculose, un autre la poliomyélite, un autre le cancer...

C’est une espèce de vocation pathologique, plus ou moins forte, personnelle à chaque individu, et qui, d’ailleurs ne se réalisera pas obligatoirement. Une telle prédisposition peut fort bien rester neutre indéfiniment, si le sujet vivant dans un milieu sain n’est attaqué par aucun principe malin. Au contraire, elle s’accomplira dans la maladie prévue si l’organisme du patient n’est pas capable d’opposer une résistance suffisante aux agressions de l’ambiance. C’est pourquoi, dans les maisons-à-cancer, les habitants « prédisposés » congénitalement à ce mal seront atteints, alors que les autres résisteront mieux.

Pour exemple, je peux apporter un témoignage personnel: je suis né à Paris, rue du Bac, dans une maison à cancer; pendant les vingt années que j’y ai vécu, dix des habitants sont morts d’un cancer. Je fais partie des rescapés.

Aucune raison valable ne peut expliquer un tel taux de mortalité dans la population aristocratique et bien nourrie de cet immeuble de très bon standing - quoique (ou parce que) de construction ancienne. La façade sud donnait sur une vaste étendue de jardins, la façade nord sur une cour pavée où les voitures à chevaux avaient jadis la place d’évoluer à l’aise. Pourtant, bien que d’honnête et saine apparence, il est certain que ma maison natale « favorisait » le cancer. Mais constater ce fait incontestable n’est pas l’expliquer. Le problème reste entier: POURQUOI et COMMENT une habitation peut-elle avoir une influence cancérigène sur ses habitants?

Aujourd’hui, je suis en mesure de répondre à ces deux questions. Je le ferai d’ailleurs abondamment, par thèse et par hypothèse, en apportant les documents, les arguments et les preuves que j’ai réunis. Mais je dois dire que, pendant des années, mon enquête inquiète n’a rencontré que l’ironie ou le mépris condescendant de tous ceux que j’interrogeais à ce sujet. Architectes, maîtres d’oeuvre, médecins, pharmaciens, biologistes, chimistes, physiciens, géologues, bref tous les gens sérieux, de poids et de mesure, ayant surface sociale et culture estampillée, me laissant entendre que, pour poser de telles questions, je devais être un obscurantiste attardé, d’une crédulité puérile. Les maisons-à-cancer, affirmaient-ils, non seulement n’existent pas, mais ne peuvent pas exister: il serait antiscientifique, déraisonnable et ridiculement superstitieux de croire qu’une habitation conforme aux normes de l’urbanisme et respectant les règles de l’hygiène sociale put avoir une influence pernicieuse ou maléfique quelconque sur ses habitants!

Certes, cette unanimité réprobatrice ne troublait pas ma conviction, puisque, plus j’avançais dans mon enquête, plus je découvrais de nouvelles maisons-à-cancer. Mais j’étais quand même gêné de ne trouver aucune explication raisonnable à ce mystère, de n’obtenir aucune réponse aux deux questions inévitable à poser chaque fois que l’on constate l’effet d’une cause ignorée: POURQUOI? COMMENT?

Assassins par omission.

Toutes les autruches de la Science que je rencontrais, et dont je sollicitais respectueusement l’avis, cachaient peureusement dans le sable des préjugés d’école leur petite tête bien pleine (mais pas bien faite), plutôt que de regarder en face le redoutable problème pour en chercher la solution. Tant il est vrai qu’il est presque impossible d’obtenir, de la part des gens intelligents et socialement intégrés, un effort d’imagination, une concession infime qui les amènerait à faire un pas au-delà de la frontière actuelle de leurs connaissances, de leurs certitudes, de leurs raisonnements.

Pourtant, après avoir avalé bien des couleuvres, je finis par rencontrer des professionnels du bâtiment (voire de la Science), plus éveillés et surtout mieux informés des réalités, qui admettaient (sans d’ailleurs l’expliquer) que certaines maisons ont effectivement une influence pernicieuse sur la santé de leurs habitants, et que le cancer notamment peut fort bien être le résultat d’une de ces agressions.

- je le sais et je le crois, parce que je l’ai souvent constaté par moi-même, m’a dit un célèbre architecte parisien. Comme mon métier est de construire des maisons, je préfère que ce ne soit pas des maisons à cancer! Je ne veux pas être un assassin, ne serait-ce que par omission. Aussi ai-je cherché empiriquement quelles précautions je devais prendre sur le terrain pour l’implantation et la construction d’un immeuble. Je pense avoir trouvé quelque solutions simples et efficaces. La dépense supplémentaire est insignifiante. En tout cas, dans le devis général et dans le descriptif des travaux, elle n’apparaît pas sous rubrique spéciale; elle est intégrée, sans qualification particulière, dans un autre poste traditionnel. J’évite ainsi des questions malveillantes ou ironiques, et les plaisanteries éventuelles, fort désagréables, de certains confrères. En bref, je ne veux à aucun prix que le bruit se répande dans les meilleurs professionnels que je suis assez niais pour croire au tellurisme, aux ondes nocives, aux maisons-à-cancer et autres sornettes superstitieuses.

Inutile donc de demander à cet architecte éminent de me couvrir de son autorité pour justifier mon propos. Il ne refuse pas que je cite ses paroles, mais il refuse de les signer de son nom. Il me restera quand même l’avantage de connaître, grâce à ce spécialiste, quelques-unes des précautions inédites qu’il convient de prendre en construisant une maison pour la protéger des maléfices.

Le choix du terrain.

En premier lieu, je sais maintenant que le choix du terrain où doit être implantée la maison a une importance considérable, peut-on dire sans exagération.

De ce choix, en effet, peuvent dépendre la vie ou la mort, la santé ou la maladie, le bonheur ou le malheur, de tel vieux couple qui fait construire sa villa de retraite, tel jeune ménage qui cherche une résidence secondaire, de telle famille nombreuse qui croit trouver son espace vital dans un pavillon de banlieue.

Avant d’expliquer à tous ces braves gens les précautions indispensables à prendre au moment d’implanter sa maison, je vais d’abord essayer de résumer et de clarifier la thèse exposée par G. Lakhovsky dans sa Contribution à l’étiologie du cancer.

Pour ce savant, le cancer est « une réaction de l’organisme contre une modification de son équilibre vibratoire sous l’effet des radiations cosmiques.

Que ces radiations augmentent ou s’affaiblissent d’intensité, qu’elles accroissent ou diminuent leur longueur d’onde, l’équilibre oscillatoire de nos cellules s’en trouve modifié. Or, les radiations cosmiques qui sillonnent l’éther sont en partie captées par le sol, puisque ces ondes y pénètrent jusqu’à une profondeur très appréciable. Il est même certain que les conditions de cette absorption modifient plus ou moins le champ électromagnétique de ces radiations à la surface du sol, qui réémet un autre rayonnement. Elles modifient donc par là même les conditions de vie de la cellule vivante qui oscille dans ce champ ».

Il faut avaler cette longue citation si l’on veut comprendre pourquoi le choix du terrain est si important avant d’implanter une maison.

A partir du moment où l’on sait que les ondes pénètrent d’autant mieux dans le sol que le terrain est moins conducteur, il est clair que, si l’on veut avoir une maison saine, il fait la construire sur un terrain perméable aux ondes nocives (c’est-à-dire diélectrique), qui absorbera les radiations sur une très grande profondeur sans donner de réaction sur le champ superficiel. Pour éviter toute erreur, précisons que ces terrains de faible densité nocive se composent de sable stampien, de calcaire, de gypse, de grès, de roches cristallines primitives et de certaines alluvions récentes riches en sables et en graviers.

Les terrains dont il faut au contraire se méfier, que l’on doit même considérer comme impropres à toute construction parfaitement salubre, sont imperméables, donc conducteurs d’ondes nocives.

Ces terrains de forte densité nocive se composent d’argile plastique, de marne à gypse, de marnes jurassiques, de craie phosphatée et de pyrite de fer, de sols carbonifères et de schistes de minerais de fer.

Dans le premier cas (celui d’un terrain perméable), le champ superficiel n’est pas modifié; tandis que dans le second cas (celui d’un terrain imperméable), les « radiations réfléchies, réfractées et diffusées se composent avec les premières pour produire un champ interférent et des ondes stationnaires. »

La conclusion de Lakhovsky me semble très pertinente: « Tout revient à connaître la conductibilité des terrains. »
Aussi, le premier soin du candidat propriétaire immobilier devrait-il être de se renseigner sur la composition géologique du sol sur lequel il a l’intention d’élever sa maison.

Un professeur agrégé de la Faculté de Médecine de Paris m’a fait une confidence analogue à celle de l’architecte:
- Je sais par expérience, m’a-t-il déclaré, qu’il existe des maisons à cancer; mais j’ignore hélas ! les remèdes ou les précautions efficaces contre cette mystérieuse et maléfique influence de certains murs. Aussi, lorsqu’un malade habitant un de ces logements suspects vient me consulter, je me borne à lui conseiller, en guise d’ordonnance, de déménager au plus vite. Ceux qui m’obéissent sont vite guéris; les autres sont perdus, quel que soient les médicaments qu’ils absorbent.

Dommage que la peur du ridicule rende sinon muets, du moins anonymes, mes meilleurs répondants! Il me faut donc renoncer à donner la moindre caution officielle à l’opinion que je présente.

D’autre part, il m’est interdit également d’apporter des preuves tirées de références vérifiables. Les maisons, en effet, ont le droit, comme les individus, d'être protégées contre la diffamation. Or, toute imputation injurieuse et diffamatoire, même si elle est conforme à la vérité, constitue un délit. Je pourrais donc être poursuivi et condamné, à la diligence d’un propriétaire susceptible, si j’écrivais que sa maison est une maison à cancer.

Pourtant, des maisons à cancer j’en connais cent en France! Je pourrais en donner les adresses précises et il serait facile d’y vérifier le nombre de victimes répertoriées, d’autant plus que dans beaucoup de cas, l’hécatombe continue (et que rien n’est fait pour l’arrêter puisque officiellement on n’y croit pas!).

Par exemple (un exemple entre mille), cette grande brasserie de Metz - que la discrétion m’empêche de désigner plus précisément mais que tous les habitants de cette ville identifieront facilement - tue tous les propriétaires successifs qui exploitent ce fond de commerce et habitent l’appartement situé au dessus des salles de café et de restaurant. Ils meurent tous du cancer. Le rythme est d’une victime tous les cinq ans. L’hécatombe continue.
N’étant pas autorisé à dresser un répertoire de preuves concrètes, vais-je essayer de convaincre théoriquement? Mais un naïf homme de plume, sans le moindre titre ni vernis scientifique, ne peut que se ridiculiser en barbotant dans les entours d’un mystère qui tient en alerte les chercheurs et savants du monde entier: la nature et l’origine du cancer.


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Message Posté le : Dim 3 Aoû - 15:58 (2014)    Sujet du message : Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent Répondre en citant


CHAPITRE IV

LES « SANCTUEURS


Les radiations telluriques, dont nous venons de constater les effets sur les habitants des maisons qu’elles imprègnent, sont mesurables par certains appareils physiques sensibles aux microvibrations. Il est donc difficile d’en nier l’existence. Ce sont des ondes concrètes.

Il en est d’autres que l’on peut à juste titres qualifier d’abstraites (ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas réalité): ce sont celles que le docteur Leprince étudie et décrit dans sa théorie des psychons: les ondes de la pensée.

Ces ondes abstraites (ka démonstration commence à en être administrée d’une façon satisfaisante pour l’esprit le plus critique) peuvent être captées et concrétisées dans certaines formes. Elles peuvent porter des mots, des figures, des images, des messages, parfois même des suggestions détaillées qui sont lancées ou reçues sous forme de transmission ou de lecture de pensée.

Des expériences ont été faites dans ce domaine par le docteur Leprince, puis par les frères Servranx, de Bruxelles. Ces travaux ont été poussés par les chercheurs américains de l’institut Rhine; mais les succès obtenus n’ont pas encore été officiellement révélés, car ils sont, parait-il, entachés de subjectivisme: les résultats varient selon les hommes qui font les expériences; ils ne sont pas constants. Pourtant ils sont et, tels qu’on les enregistre, ils suffisent sinon à définir du moins à prouver la réalité des ondes abstraites.


Défense d’entrer.
C’est sur une application tout à fait particulière, et beaucoup plus mystérieuse, de la puissance des ondes de pensée que je voudrais attirer l’attention.

Ces ondes abstraites, employées judicieusement et selon le rituel convenable, parviennent à dresser une clôture durable autour de certaines places qu’il s’agit de défendre contre toute intrusion étrangère; l’entrée en sera interdite à quiconque ne connaît pas le mot de passe, c’est à dire ne possède pas la modulation de cette longueur d’onde.

Il est inutile de sourire avec incrédulité. C’est un fait vérifiable dans la réalité quotidienne et que je me propose justement de vous faire vérifier par quelques exemples vécus.

Nous touchons là au très étrange mystère des « sanctuaires », des lieux consacrés, privilégiés ou interdits. Il est important de se familiariser avec ces notions, si l’on préfère s’épargner de cuisants déboires immobiliers. C’est affaire de prudence et de sécurité.

Bien sur, les acheteurs et les habitants de maisons neuves n’ont guerre à redouter de se trouver jamais confrontés à de tels problèmes. Ce sont seulement les vieux logements dans lesquels on trouve des rémanences (parfois fort désagréables) d’ondes abstraites. On en trouve aussi, loin de tous murs, dans certains fonds de parcs, pelouses, rendez-vous forestiers, carrefours, parvis, calvaires, cavernes, dolmens, cryptes, tertres prédestinés, tous les lieux sur lesquels l’Esprit a soufflé un joue en tempête, que soulève encore la respiration de l’au-delà, qui sont capables d’accrocher et de meurtrir à leurs ronces invisibles le passant le plus indifférent. Il y a dans les églises, dans les châteaux, des caches et des recoins, des pierres tombales, des escaliers dérobés ou des cabinets secrets qui peuvent être interdits par un dangereux réseau d’ondes abstraites. Il y a même des rues que leur plaque d’urbanisme protège et qui se désintègrent si on les débaptise.

Lieux maudits, lieux bénits. Jadis nos aïeux étaient très attentifs à ces influences immatérielles qui imprégnaient des sites. Dans les campagnes, de génération en génération, on se transmettait ces légendes dont on pouvait vérifier le bien fondé plusieurs fois au courant d’une seule vie. Mais si l’on vérifiait les effets, on n’en cherchait pas les causes. On se contentait de constater que telle mare était maudite: les bestiaux qui y buvaient attrapaient le gros ventre. Passer par un tel carrefour à minuit, ou devant tel calvaire, donnait le mal des os. Les lieux-dits avaient tous une signification: le val d’enfer, le pré maudit, la pierre qui tue, l’ombre du mal né, le pied fourchu, que sais-je?

En revanche, on connaissait aussi, et on appréciait le seuil de bon départ, l’ange qui rit, la roche qui chants, etc.

Si l’on remonte plus loin, jusque dans la nuit des temps, on remarque que les sanctuaires consacrés à une divinité se succèdent et se superposent au cours des siècles, une religion comme un clou chassant l’autre, au même endroit où s’accumulent les alluvions mystiques. Les favorables, prédestinés à la prière et à la foi, à Chartres, au Puy, à Paris, partout on retrouve, profondément enfouies sous les pieds de Notre Dame, les marches de l’interminable escalier qui conduit l’homme au ciel.

Il en est de même pour les lieux maudits: les crimes, les accidents, les maladies, les déboires s’y reproduisent et s’y répètent, selon certaine fréquence, selon l’exigence de la fatalité, jusqu’à ce que le point névralgique soit débarrassé, d’une manière ou d’une autre, du maléfice qui l’imprègne.


Les bornes maudites.
Quand il s’agit d’un de ces fameux « ponts noirs de la route », où les victimes du Baal automobile sont sacrifiées en plus grand nombre qu’ailleurs, il suffit souvent de relever un virage, de supprimer un croisement, de stabiliser le bas coté, de niveler un cassis, d’ajouter un panneau indicateur, pour que les accidents cessent de se produire à cet endroit.

Mais parfois les techniques des Ponts et Chaussées sont impuissantes à arrêter la série noire; c’est le cas lorsque les accidents se produisent toujours au même endroit sur une bonne route en ligne droite, comme si un aimant irrésistible attirait alors les voitures prédestinées contre certain pylône ou certains platane de bordure.

Ces bornes maudites existent bel et bien; les autos y tombent comme des mouches, faisant des impacts spectaculaires dans un décor que les ingénieurs des Ponts et Chaussées n’ont pas le moyen de rendre inoffensif. Y a-t-il une explication à cette fatalité?

Manifestement ces lieux sont maudits, ou ont été très anciennement « consacré », avec une clause d’interdiction de passage au profane. Le réseau routier moderne, évidemment, n’a pas respecté ces tabous invisibles. A mon avis, ces barrières, dressées il y a longtemps par des ondes de pensées, persisteront, demeureront efficaces et dangereuses tant qu’un initié ne les aura pas abattues, dispersées, volatilisées, en accomplissant les formalités rituelles convenables. Les techniques et les sciences exactes font beaucoup pour notre confort, mais je suis quand même bien forcé de reconnaître que, dans certains domaines réservés, pour résoudre les problèmes de sécurité, il vaut mieux faire appel au sorcier qu’au cantonnier.


Le mage et l’ingénieur.
Si j’avais à écrire un reportage pour la presse à sensation, sans doute n’hésiterais-je pas à raconter avec force détails pittoresques comment deux de mes amis, experts es sanctuaires, ont procédé pour essayer de neutraliser certains « points noirs » particulièrement meurtrier. Mais le public de ce livre étant plus restreint et plus sérieux que celui d’un hebdomadaire à grand tirage, je peux me dispenser de décrire les cérémonies cocasses auxquelles j’ai assisté et les bizarres momeries auxquelles se sont livrés au bord de la route, à la grande stupéfaction des automobilistes, les deux experts briseurs d’ondes abstraites.

Certes, le spectacle était comique; mais le résultat obtenu ne prête pas à rire.
Nous avions choisi trois points célèbres pour le nombre et la qualité des victimes: l’in sur la fameuse R N 1, la route des Trois Mousquetaires, celle où la basoche et la finance ont laissé des cadavres cossus au revers du même fossé; le second, déterminé avec la plus grande précision sur la R N 6, là où un jeune et sympathique Prix Nobel, qui avait tous les dons sauf celui du style, perdit toute chance de survivre à sa gloire, alors qu’un enfant des Lettres merveilleusement doué mais moins récompensé, gagnait au même endroit ses galons d’immortalité en se joignant au cortège des victimes motorisées; le troisième point, sur l’autoroute de l’Estérel, c’était vraiment l’antre du Minotaure: les jeunes vedettes au corps doux, le front brillant des feux des sunlights, venaient se livrer à date régulière à l’appétit du monstre. Eh bien, depuis l’intervention des experts, aucun accident ne s’est plus produit à l’intersection de ces coordonnées fatidiques. Du moins à notre connaissance.

Avec tout le sérieux dont je suis capable, je prétends que de cette manière insolite de résoudre les problèmes de la sécurité routière doit servir d’exemple, un exemple à suivre. Partout où l’on constate que les accidents de la route se répètent avec une fréquence inexplicable par des raisons matérielles évidentes, il n’est ni ridicule ni déshonorant d’essayer de se délivrer du mal par des remèdes inédits; le mage alors peut être plus utile que l’ingénieur. Il suffira de juger l’un et l’autre aux résultats.


La Némésis à tête chercheuse.
Cette digression automobile n’est qu’apparente; en réalité, elle ne m’éloigne guère de mon sujet, car il n’y a pas de différence de nature entre la force invisible qui oblige une voiture à quitter la ligne droite d’une bonne route, et celle qui s’exerce à l’intérieur de quatre murs, dans un lieu clos.
Le lieu maudit ou bénit, le « sanctuaire », peut avoir été constitué aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur d’un édifice, n'être qu’un autel dans une église, un placard dans une maison.

Ce sont les procédés employés pour la consécration qui méritent d'être étudiés, car ils varient selon la dédicace - étant entendu qu’un lieu quel qu’il soit peut être consacré aussi bien à Dieu, à un saint, à un héros, à un génie, qu’à un démon, à un esprit inférieur, voire à un mythe, à une vertu, à une abstraction, parfois à un être aimé mort ou vivant, et même à soi même!

Les effets de la consécration varient selon les intentions du consécrateur. Il s’agit parfois d’une simple cérémonie de politesse verbale. La routine aidant, et le manque de foi, ce sont bien souvent des dédicaces de ce genre, sans valeur ni chaleur, qui sont réalisées par le nouveau clergé sans latin.

Il est certain que la consécration est plus ou moins forte, plus ou moins durable, selon la puissance spirituelle et le degré d’initiation du consécrateur. Ce qui explique pourquoi la cérémonie célébrée sous une forme radicalement laïque peut être souvent beaucoup plus efficace que les rites accomplis par des oints indigènes. Il y a dans les pissotières des graffiti qui, par la force du désir ou de la détestation du scripteur, deviennent en quelque sorte spirituellement radioactifs. Il y a des plaques commémoratives apposées sur des immeubles qui protègent du mal et attirent la bonne foudre mieux que sur tous les SUB INVICATIONE... au fronton des temples.

Quand elle à été faite dans les règles et avec la puissance voulue, la dédicace perdure en principe éternellement, ne peut ni s’effacer, ni s’évaporer, ni s’user quand le dédicataire est une divinité, un héros, un mythe ou un symbole. Même le sacrilège ne la supprime pas; il l’offusque seulement et en même temps l’exacerbe. S’il a été public, une cérémonie expiatoire, également publique, est absolument nécessaire pour rétablir l’harmonie rompue.

Dans le cas d’un sacrilège clandestin, la réparation n’aura pas lieu. Il n’y a plus alors ni parade ni bouclier pour l’auteur du sacrilège devenu la cible du boomerang qu’il a lancé. Aucune expiation n’ayant réparé l’affront, les chocs en retour sont parfois terrifiants. Le malfaiteur inconnu n’a aucune chance d’échapper: si loin qu’il aille, si bien gardé qu’il soit, la Némésis à tête chercheuse, déclenchée par son acte même, le retrouvera et le frappera inévitablement.


Un bébé à tête de chien.
Une seule anecdote, assez terrible, suffira pour illustrer mon dire.
Il y a une quinzaine d’années, un de mes jeunes amis, étudient en médecine, entra un jour dans l’église Saint - Roch, à Paris, avec une prostitués et, tandis que l’office se déroulait, caché dans un confessionnal, il se livra à la fornication.

Athée, agressivement antireligieux, il avait accompli son « exploit » comme un sacrilège délibéré, et non pas seulement comme une de ces farces scandaleuses dont les carabins sont friands.

Des années passèrent. L’étudient, devenu docteur en médecine, épousa une cheftaine scoute. Ménage sympathique et saint, promis au bonheur familial autant qu’à la réussite sociale.

A ce bonheur il ne manquait qu’un enfant. Il vint, au bout de neuf mois, le plus naturellement du monde. C’était un monstre à tête de chien - une espèce de gélatine violacée et baveuse, informe et purulente - sur le front duquel saillait une boursouflure qui ressemblait vaguement à l’effigie de Saint Roch.

Ce bébé vécut un an. Beaucoup plus qu’il n’en fallait au père pour expier, du moins pour se repentir.


Série noire à Uruffe.
Cette histoire, dont j’ai très bien connu le protagoniste, m’incite à interpréter de façon analogue l’incompréhensible Némésis qui semble poursuivre les habitants successifs d’une même demeure.
Je pense particulièrement à l’église d’Uruffe dont l’un des curés, l’abbé Desnoyers, perpétra un crime aussi étrange qu’atroce: le 1er décembre 1956, après avoir abattu à coups de revolver sa maîtresse enceinte de huit mois, il pratiqua sur le corps pantelant de sa victime une césarienne monstrueuse, arracha ses de ses entrailles l’enfant (qui était aussi son enfant à lui!) vivant et les yeux déjà ouverts, le baptisa, puis le poignarda dans le dos, lui transperçant le coeur, et enfin lui taillada le visage pour le défigurer! Crime extraordinaire autant par l’horreur des circonstances que par les motivations du meurtrier. Pour l’expliquer, on est conduit à se référer à une malédiction très ancienne, lancée pour je ne sais quelle raison par le consécrateur du premier « sanctuaire » contre tout violateur éventuel.

Que ce lieu, protégé par des grilles d’ondes abstraites, soit devenu plus tard une église, bénéficiant d’une dédicace nouvelle, ne change rien à la fatalité ni à la Némésis. Tant qu’une cérémonie n’aura pas été faite, l’église d’Uruffe sera dangereuse pour le prêtre qui en aura la maîtrise liturgique.

La preuve, c’est que le successeur de l’abbé Desnoyers dans cette cure fermée par un tabou à péri de mort violente: s’était rendu en pèlerinage en Terre sainte, peut-être en expiation du crime de son prédécesseur, il fut assassiné par des bandits. Si l’on remonte dans le passé, on trouve une autre victime à ajouter à la liste tragique: le prêtre qui occupait la cure d’Uruffe juste avant l’abbé Desnoyers s’est tué en descendant les marches de l’autel après avoir dit sa messe. C’est un accident unique, sans précédent dans les anales ecclésiastiques.

Voici donc trois curés d’Uruffe à qui successivement il est arrivé un étrange malheur. Si j’avais le temps d'être curieux, je pourrais certainement retrouver dans les archives de l’église ou de la commune la trace d’autres victimes de la malédiction lancée (jadis ou naguère?) par un maître d’ondes inconnu contre les violateurs éventuels de son « sanctuaire ». Les histoires du bizarre peuvent chercher dans cette direction; ils ne seront pas déçus. Pour notre part, nous ne pousserons pas plus loin dans cette voie: la série de trois nous parait suffisamment signifiante.


Les 18 victimes du pharaon.
Quand on étudie le mystère des « sanctuaires », quand on cherche à comprendre en quoi consistent les défenses invisibles qui les protègent, on ne peut se dispenser de faire au moins une allusion à ce qu’on peut appeler, selon le vocabulaire policier, l’affaire Tout Ankh Amon: tous les violateurs (sauf un seul) de la tombe de ce pharaon ont été « punis ». Tout s’est passé, semble-t-il, comme si la protection du sanctuaire avait joué, au bout de 3.500 ans, avec une efficacité aussi parfaite que redoutable.

Évidemment cette explication superstitieuse fit sourire les rationalistes. Pour eux, la mort des 18 personnes prétendument victimes de la malédiction de Tout Ankh Amon avait été en réalité une mort tout à fait naturelle; s’était pur hasard et simple coïncidence si ces 18 personnes avaient péri prématurément et dans des circonstances étranges.

Chaque fois que la raison triomphe de la superstition, il faut crier bravo et tant mieux! Toutefois, sans vouloir ouvrir aucune discussion à ce sujet ni risquer le moindre commentaire, il me parait intéressant de donner au lecteur la possibilité de se faire une opinion personnelle sur l’affaire. Un bref rappel chronologique de faits et d’événements que personne ne conteste peut permettre à chacun de tirer en toute honnêteté la conclusion qui lui paraîtra la bonne.

Le 25 novembre 1922, le tombeau d’un pharaon de la XVIIIe dynastie, Tout Ankh Amon, est découvert par deux Anglais: Lord Carnarvon et Howard Carter. Ce tombeau contient « le plus fabuleux trésor archéologique de tous les temps ».

A l’entrée de la tombe se trouve l’inscription suivante: « La mort touchera de ses ailes celui qui touchera le pharaon ».

il allait falloir dix ans pour ouvrir toutes les chambres de ce mausolée et en retirer la totalité du fabuleux trésor. Mais, bien avant la fin des travaux, l’hécatombe commençait.

C’est Lord Carnarvon qui inaugure la liste tragique. Dans son agonie, on l’entend plusieurs fois prononcer le nom de Tout Ankh Amon. Ses dernières paroles furent: « C’est fini, j’ai entendu l’appel, je me prépare. » Au même moment - simple coïncidence, certes -, la lumière s’éteint dans toute la maison... La maladie dont mourut Lord Carnarvon ne fut jamais nommée; les médecins prétendirent qu’il avait succombé à une piqûre de moustique!

Six mois plus tard, son jeune frère, le colonel Aubrey Herbert, mourait à son tour d’un mal inexplicable; puis l’infirmière qui l’avait soigné succombait...

Le secrétaire particulier de Howard Carter, Richard Bethel, avait été un des premiers à pénétrer dans le tombeau: il fut aussi l’un des premiers à mourir.

Un ami intime de Carter, le professeur la Fleur, poussé par la curiosité scientifique, accourt è Louqsor pour assister aux travaux. Deux semaines après son arrivée, il est frappé lui aussi du mal mystérieux et meurt. Meurt également le savant Arthur Mace qui, après avoir pénétré dans les chambres secrètes du mausolée, sent ses forces l’abandonner et doit s’aliter pour ne plus se relever.

Plus tragique encore fut la fin du docteur Evelyn White, célèbre archéologue, qui avait été l’un des premiers à pénétrer après Carter dans la chambre mortuaire où se trouvait la momie du pharaon: Il se pendit. Pour expliquer son geste désespéré, il écrivait dans sa lettre d’adieu: « J’ai succombé à une malédiction qui m’a forcé à disparaître. »

Un autre savant anglais, fonctionnaire du gouvernement égyptien, Archibald Douglas Reed, avait été chargé de radiographier la momie avant qu’elle ne fut remise au musée du Caire, dès le lendemain du jour où il pratique l’examen radiologique, Reed fut pris de malaise; trois jours plus tard il était mort. C’était un homme sain, de constitution robuste; on ignore le nom de la maladie qui l’emporta.

Ces morts mystérieuses intriguaient l’opinion. Un haut fonctionnaire égyptien voulait tirer l’affaire au clair et décida de mener personnellement son enquête. Il se rendit au tombeau et commença ses recherches. Au bout de quelques jours, il ressentit un très fort malaise et dut rentrer au Caire pour se coucher: quelques heures plus tard il était mort.

Au total, la liste tragique va comporter 18 noms. 18 personnes qui toutes ont participer à un titre quelconque au viol de la sépulture de Tout Ankh Amon. A ces savants il faut ajouter quelques victimes indirectes (si je puis dire), qui n’avaient jamais mis personnellement les pieds dans le mausolée, mais qui appartenaient à la famille d’un des violateurs ou avaient eu l’occasion de toucher un objet sacré du trésor. Exemple: en 1939, pour fêter la nouvelle année musulmane, la radio nationale égyptienne voulut faire entendre à ses auditeurs les trompettes guerrières de Tout Ankh Amon. Le Musée du Caire consentit à prêter les précieux instruments qui reposaient dans ses vitrines depuis seize ans. L’auto qui les transportaient du Musée à la Radio eut un accident et le chauffeur fut tué. Les trompettes étaient indemnes. Quelques minutes plus tard, le musicien qui s’apprêtait à emboucher l’une d’elles tombait mort foudroyé au pied du micro.

Carambolage de sortilèges.
Autre exemple de malédiction par la bande: M. Mohammed Mehri, directeur du département des antiquités égyptiennes au musée du Caire, mourut subitement d’une hémorragie cérébrale, peu après avoir signé en 1967 avec le gouvernement français la convention aux termes de laquelle le trésor de Tout Ankh Amon quitterait l’Égypte pour les bords de la Seine: l’exposition qui eut lieu au Petit Palais à Paris et dura plusieurs semaines permit, on s’en souvient, à plus d’un million de visiteurs de se trouver face à face avec le masque d’or du pharaon éphèbe.

Coïncidence ou carambolage de sortilège, le successeur de ce malheureux fonctionnaire vient d'être victime du même « accident », dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons. Il s’agit de M. Gamal Mehrez dont les journaux ont annoncé la mort en février 1972: il venait de signer l’accord au sujet de l’exposition Tout Ankh Amon qui devait être organisée prochainement à Londres, lorsqu’il fut foudroyé par une hémorragie cérébrale.
Au suivant...


L’arme absolue contre le mauvais sort.
Le plus étrange dans toute cette affaire, c’est que le seul rescapé de la malédiction fut justement le principal « coupable », celui qui, de bout en bout, mena les travaux, inventoria les découvertes, déménagea le trésor, bref eut toute la responsabilité et toute la gloire de l’entreprise: Howard Carter est mort en 1939, à l’âge de soixante-six ans.
Il y a là, certes, un argument très fort à l’appui de la thèse rationaliste qui refuse d’admettre qu’une malédiction puisse atteindre des profanateurs, il vaut mieux toujours rechercher aux mystères des causes naturelles. Pourtant, pour ceux qui ne croient pas que les coïncidences soient une explication satisfaisante, j’ajouterai un renseignement qui, s’il est vrai, change l’éclairage de l’affaire; je le tiens d’un diplomate belge qui alors qu’il se trouvait en poste au Caire avant la guerre, et qui fut lié d’amitié avec Howard Carter. D’après Howard Carter ce diplomate, Carter aurait raconté qu’il possédait l’armure absolue contre tous les mauvais sorts que les plus puissants mages ou sorciers pouvaient lui jeter. Ce secret de protection, il l’aurait trouvé dans un des tombeaux qu’il avait découverts et ouverts dans la Vallée des Rois, au début de sa carrière d’égyptologue. C’était la tombe d’un prêtre nommé Jua et de sa femme; les corps momifiés étaient dans un état de conservation parfaite. Dans la chambre mortuaire, dont les sceaux étaient intacts, l’accueil avait été visiblement préparé par le mort qui offrait en signe de bienvenue à son premier visiteur le secret d’immunité.
Pour connaître ce secret, il nous faudra attendre que soit dépouillées et publiées les archives considérables laissées par Carter, les croquis et les notes, les photos et les rapports qui remplissent des dizaines de caisses qui doivent pourrir dans quelque cave du British Muséum à Londres. N’est-il pas étrange que, depuis trente ans, la curiosité de tous les chercheurs passionnés par les mystères égyptiens ait été rebutée systématiquement par l’administration? Y a-t-il quelque bonne raison de garder fermé cet énorme dossier plein de secrets?


Post-scriptum: la bague atlante.
A ces questions j’ai reçu une réponse, quelques jours après la parution de la première édition de ce livre. Ce qui me permet aujourd’hui d’ajouter ce post-scriptum qui satisfera ceux de mes lecteurs dont la curiosité avait été piquée.
La lettre que je reçus était signée: A de Bélizal. Elle disait en substance ceci: le secret de l’immunité de Howard Carter, non seulement je le connais, mais je le possède par héritage; il se trouve actuellement dans ma bibliothèque où vous pouvez venir le voir et le toucher. C’est une bague en grès d’Assouan, que le grand père de ma femme, le marquis d’Agrain, égyptologue renommé, à rapportée de ses fouilles dans la Vallée des Rois, vers 1860.
Naturellement, je me rendis aussitôt à l’invitation de M de Bélizal, et je pus prendre en main l’étrange et fragile anneau de grès, vieux de plusieurs milliers d’années, dont le relief usé permet encore de lire nettement les figures géométriques dont il est orné: trois droites, six points, deux triangles isocèles. Ces figures sont construites, alignées, réparties, équilibrées selon un ordre et une nécessité qui ont un sens ésotérique; elles ont ainsi des vertus et des pouvoirs qu’une expérimentation patiente et variée nous à permis de découvrir avec un étonnement émerveillé.

En fait, cette bague - qui a vraisemblablement été fabriquée et sculptée par les Atlantes dont les anciens Égyptiens étaient les héritiers - nous permet d’entrer au coeur d’un mystère déconcertant: celui de l’inexplicable immunité qu’assurent les ondes émises par certaines « formes » privilégiées contre toute agression invisible venue de l’extérieur. Il existe des « ondes de forme » (nous en parlerons plus en détail dans un autre chapitre de ce livre) capables de créer un barrage protecteur infranchissable, d’arrêter ou de neutraliser toutes les forces susceptibles de perturber l’ambiance vibratoire d’une habitation, de compromettre l’équilibre (donc la santé, la chance, le bonheur) d’un individu. La bague atlante accomplit ce genre de miracle. M de Bélizal, par expériences répétées depuis qu’il en est le propriétaire, en a acquis la preuve - preuve que j’ai dès lors personnellement vérifiée par mes propres expériences.

Les propriétés de cette bague sont extraordinaires. Il serait beaucoup trop long, et hors de mon sujet actuel, de les exposer en détail. Je veux dire, pourtant, que son efficacité se manifeste avec une évidence foudroyante dans trois domaines: protection, guérison, intuition. Elle protège contre les dangers et immunise contre les influences ou maléfices de toute nature (qu’ils soient d’origine géophysique, dus à une perturbation quelconque de l’ambiance vibratoire, voire causés par une malédiction, un sortilège, un envoûtement, une quelconque agression magique...) Par exemple - et ce n’est pas l’aspect le moins étrange de ce mystère - celui qui porte cette bague au doigt ne peut pas être victime d’un accident d’auto, à moins qu’il ne soit animé d’une volonté suicidaire.

La deuxième propriété de la bague est de guérir, non pas bien entendu les troubles ou lésions organiques, mais de rétablir certaines fonctions accidentellement perturbées et supprimer les algies qui en sont la conséquence. Pour augmenter la précision de son efficacité, il est bon de connaître les correspondances symboliques qui relient chacun des doigts à un organe ou à une fonction. Exemple: l’annulaire correspond au système génito - urinaire; c’est donc à ce doigt que la bague devra être passée si l’on souffre d’un organe faisant partie de ce système.

La troisième propriété est la plus mystérieuse; elle ouvre au possesseur de la bague des échappées insoupçonnées dans un domaine sur lequel seuls les phénomènes métapsychiques nous apportaient jusqu’à présent quelques renseignements. Celui qui porte la bague devient sensible à certaines communications qu’il n’aurait jamais perçues autrement - ce qui est d’ailleurs difficilement conciliable avec l’immunité par isolation que la bague assure contre toute influence extérieure. Les expériences dans ce domaine sont encore en cours et nous ne sommes certainement pas au bout de nos surprises. Pour ma part, j’estime que le grand prêtre Jua devait se servir de cette bague comme d’une espèce de téléphonie sans fil avec les membres de son clergé de même initiation. Les prêtres des pharaons, héritiers sans doute des secrets fabuleux des Atlantes, savaient maîtriser d’incroyables techniques occultes que la Science d’avant-garde aujourd’hui commence justement à redécouvrir par d’autres voies. La bague dont j’ai étudié passionnément les propriétés me parait être notamment le plus puissant support de télépathie connu.
Toujours est-il qu’elle ne tire son efficacité ni de la matière dont elle est faite ni d’une « charge » quelconque,
magnétique ou psychique, religieuse ou magique; elle n’est ni un pentacle personnalisé, ni un talisman aimanté, ni une médaille bénite, ni un sacramental, ni un fétiche; elle n’a rien de commun avec aucun de ces « gadgets » plus ou moins prometteurs, de ces porte-bonheur inventés par la superstition ou l’ésotérisme des snobs...

Elle est le lieu et la formule (ce que cherchait en vain Arthur Rimbaud) d’un des miracles les plus étonnants de la Physique micro-vibratoire: celui dont les « ondes de forme » sont les agents invisibles.


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Message Posté le : Aujourd’hui à 15:01 (2018)    Sujet du message : Roger de Laforest : Ces maisons qui tuent

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