666
Le forum
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes 
 S’enregistrerS’enregistrer    ConnexionConnexion 

Tensions en Tunisie
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
   666 Index du Forum  .::. 666
Aller à la page: 1, 2  >
Sujet précédent .::. Sujet suivant  
Auteur Message
Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Sam 8 Jan - 13:40 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

 


Citation :



Emeutes en Tunisie : pouvoir et activistes en pleine cyberguerre
Par Global Voices Online | En français | 04/01/2011 | 16H20

Les censeurs du ministère de l'intérieur, surnommés « Ammar » par les internautes, s'attaquent aux comptes Internet de militants tunisiens dans le contexte des troubles sociaux que connait le pays.

Lundi, des cyber-activistes tunisiens ont annoncé que le gouvernement avait piraté leurs comptes e-mails, leurs blogs et leurs profils sur les réseaux sociaux afin de les supprimer. Il semble s'agir de représailles après une autre cyber-attaque, celle du groupe de hackers Anonymous, qui ont piraté des sites et portails internet clé du gouvernement tunisien.

Le piratage de comptes n'a rien de nouveau en Tunisie, ses dissidents politiques connaissent bien ce moyen de pression. Le pays est connu comme un état policier, ennemi d'Internet et très répressif envers ses médias.


Les sites de Ben Ali, du Premier ministre et de la Bourse attaqués

Le World Press Freedom Index a rétrogradé la Tunisie de la 154e place à la 164e dans son classement 2010 :

« Le pays continue à chuter dans les profondeurs du classement pour sa politique de répression systématique mise en place par les dirigeants politiques de Tunis contre quiconque exprime des idées contraires à celle du régime. »

Selon le site Gawker, Anonymous, un groupe informel de hackers militants a attaqué notamment les sites du président Ben Ali, du Premier ministre, de la bourse, et ceux de plusieurs ministères.

Les pirates voulaient protester contre la censure par le gouvernement tunisien du site Wikileaks, intervenue après la divulgation des télégrammes diplomatiques américains, et contre la politique de censure agressive d'Internet qui a lieu en Tunisie.

« Opération : Tunisia » pour forcer Tunis à « libérer le Net »

Sur AnonNews.org, un forum en ligne pour les « hacktivists » (contraction de hacker et activiste), voici la déclaration qui a été publiée dans ce qui est maintenant connu sous le nom de code « Operation : Tunisia » :

« Le temps de la vérité est arrivé. Le temps où les gens s'expriment librement et peuvent être entendus n'importe où dans le monde.

Le gouvernement tunisien veut contrôler le présent avec des mensonges et de la désinformation, pour contrôler le futur en dissimulant la vérité à ses citoyens.

Nous ne resterons pas silencieux tandis que ceci a lieu. Anonymous a entendu la demande de liberté des Tunisiens.

Anonymous est prêt à aider les Tunisiens dans leur combat contre l'oppression. On y arrivera. On y arrivera.

Ceci est avertissement au gouvernement tunisien : les attaques contre la liberté d'expression et d'information de ses citoyens ne seront pas tolérées.

Toute organisation impliquée dans la censure sera visée, et ne sera pas en paix tant que le gouvernement tunisien n'entendra pas la demande de liberté de son peuple. Il appartient au gouvernement tunisien de mettre un terme à cette situation.

Libérez le Net, et les attaques cesseront, continuez, et ceci n'est que le début. »

Une liste des sites du gouvernement tunisien piratés par le groupe Anonymous a même été mise en ligne.

Selon des militants qui se trouvent en Tunisie, la contre-attaque du gouvernement tunisien a touché des activistes, des avocats et des journalistes.


Les connexions sécurisées à Facebook impossibles

Le blogueur tunisien Astrubal, co-responsable du portail d'informations Nawaat.org, juge que des indices indiquent qu'il s'agit bien d'une attaque coordonnée par le pouvoir. Il écrit :

« Il s'agit vraisemblablement d'une campagne destinée surtout à subtiliser les logins et mots de passe des utilisateurs afin de fouiner dans leurs messages privés.

Par ce moyen, la police peut savoir qui communique avec qui et sur quel sujet. Il s'agirait en somme de chercher à démanteler ces réseaux de journalisme citoyen qui se sont constitués spontanément suite aux mouvements de contestation de Sidi-Bouzid.

Ces derniers ont montré l'importance des réseaux sociaux quant à la circulation de l'information, des perturbations récurrentes du réseau ont été constatées.

Pour le cas de Facebook, les connexions en “https” [qui garantissent une meilleure protection des données échangées, ndlr] notamment pour se logger sont souvent impossibles à établir.

Le pouvoir tunisien n'a pas osé, comme il l'a fait par le passé, bloquer les services du réseau social le plus utilisé par les Tunisiens. Cette fois-ci, il semble qu'il chercherait plutôt à atteindre directement ceux qui l'utilisent pour faire circuler l'information, plutôt que de s'attirer les foudres de tous les utilisateurs par un blocage total de Facebook.

En tout état de cause, nous rappelons à tous les utilisateurs de Facebook et, a fortiori, s'ils se connectent à partir de la Tunisie : NE VOUS CONNECTEZ JAMAIS à partir d'une page non sécurisée.

Même si vous n'avez rien à cacher, n'oubliez jamais que vous êtes également dépositaire de la confiance des personnes qui vous envoient des messages privés.

Même si, vous, ça vous est égal que l'on puisse fouiner dans vos messages privés, on se doit, tout un chacun, d'honorer la confidentialité des messages privés que nous recevons. »

Des appels à la prudence relayés sur Twitter

La nouvelle des différentes attaques a été relayée sur les médias sociaux comme Twitter.

@SBZ_news rapporte :

« Les blogueurs sont sous le feu de la cyber police tunisienne, elle essaie de pirater tous ceux qui ont soutenu #sidibouzid ou #OperationTunisia »

Naser Weddady, activiste mauritanien, tweete :

« D'après des informations données par des gens en #Tunisie un modèle apparait : les comptes FB piratés étaient connectés à des adresses Yahoo Mail. »

Il ajoute :

« L'activiste @benmhennilina et le journaliste @Sofien_Chourabi sont ciblés parce qu'ils parlent aux médias étrangers. »

@spiralis1337 avertit :

« Police tunisienne pirate comptes Facebook pour rassembler preuves. Soyez prudents. »

Seifeddine Ferjani ajoute :

« Le piratage de comptes e-mail et Facebook confirme que le gouvernement Ben Ali est une entreprise criminelle. »

Dernière information en date, donnée par @nayzek :

« Ha ha, maintenant, des officiels ( ? ) téléphoneraient personnellement aux gens pour leur dire de ne plus partager des vidéos sur #sidibouzid sur Facebook… »

Amira Al Hussaini
Traduction : Claire Ulrich


En partenariat avec Global Voices

 




source: rue89.com


Dernière édition par Admin9637 le Lun 10 Jan - 20:08 (2011); édité 1 fois
Revenir en haut
              

Publicité






Message Posté le : Sam 8 Jan - 13:40 (2011)    Sujet du message : Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Dim 9 Jan - 17:45 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

sur irc, en date du 09.01.2011

Citation :

Meme l'armée a bougé hier

"La veille, Tala avait été le théâtre d'affrontements violents durant lesquels les manifestants ont saccagé des biens et mis le feu à une banque et à des bâtiments officiels, selon un dirigeant syndical local. Selon ce témoin joint par téléphone, l'armée s'est déployée samedi pour la première fois depuis le début des troubles, autour des bâtiments officiels."

à lire sur LCI

Lol je viens d'avoir un appel téléphonique d'un ami avocat il m'a dis de plus publier sur facebook koi que ce soit


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Lun 10 Jan - 20:07 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :

Réagissant aux troubles en Tunisie, le ministre de la Culture a d'autre part jugé "tout à fait exagéré" l'opinion exprimée par certains observateurs selon laquelle le pays serait une "dictature univoque".

"En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable. Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait s'exprimer en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré", a-t-il dit.


Source: Google - AFP


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Lun 10 Jan - 20:12 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Violences en Tunisie : lettre ouverte à Frédéric Mitterrand

09/01/2011 à 16h17 - mis à jour le 10/01/2011 à 14h49 | 10195 vues

Monsieur le Ministre,

Le dimanche 9 janvier 2011 sur Canal +, vous avez déclaré concernant les actuels "troubles en Tunisie" : "En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable. Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait s'exprimer en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré".

Personne ne peut nier aujourd’hui quel est le véritable visage du régime tunisien, oppresseur, tortionnaire, corrompu, népotique, accapareur des richesses nationales comme l'indique Amnesty International.

L’argument des avancées concernant les droits de la femme n’est qu’un rideau de fumée derrière lequel se cache cette dictature pour vendre une image un temps soit peu acceptable auprès des chancelleries occidentales. Cet héritage de Bourguiba ne saurait être indéfiniment invoqué pour dédouaner le gouvernement de Zine A. Ben Ali de toutes les ignominies dont il s’est rendu et se rend coupable au quotidien depuis 23 ans.

Il est de même lorsque le despote de Carthage, ses sbires et ses soutiens internationaux prétendent qu’il est le seul rempart contre les islamistes. C’est ignorer qu’en envoyant de nombreuses classes d’âge de Tunisiens sur les bancs des universités, la Tunisie a elle-même produit des générations d’hommes et de femmes qui ne sont ni dupes, ni stupides et qui finalement sont plus matures politiquement qu’on ne veut bien le faire croire aux opinions du monde et à leurs dirigeants.

Vous estimez que "l’opposition tunisienne ne peut s’exprimer comme elle le ferait en France ou en Europe" et c’est juste. Mais sauf à considérer que le ministère de la Culture en France considère que l’universalisme des droits de l’homme ne serait qu’un vain concept, vous ne pouvez retirer le droit des Tunisiens de faire émerger une opposition digne de ce nom, en lieu et place de ces partis d’opposition fantoches que le régime feint de tolérer.

Votre déclaration est d’autant plus indigne et indécente à l’égard du peuple tunisien que nous apprenions le jour même, que dans la nuit du 8 au 9 janvier, au moins 20 personnes sont mortes selon l'opposition, sous les balles du gouvernement tunisien sous l’odieux prétexte de la "légitime défense".

Vos intérêts personnels vous égarent-ils, vous faisant perdre la mesure de vos propos ? Faut-il considérer qu’il s’agit d’un nouveau dérapage de votre part ?

Face au black-out médiatique et à la censure, les Tunisiens se sont emparés des médias sociaux pour diffuser l’information et organiser la résistance. Je ne saurai que trop vous conseiller de consulter Facebook et Twitter où vous en apprendrez sans doute beaucoup sur ce qui se passe actuellement dans ce petit paradis méditerranéen où vous aimez tant passer de bonnes vacances.

Les aspirations du peuple tunisien sont légitimes et il est de l’intérêt de la France de ne pas soutenir indéfiniment les autocrates. Car le prix de cette soi-disant realpolitik pourrait être chèrement payé si l’exaspération et la colère des Tunisiens sont telles que l’islamisme radical devient la seule porte de sortie. A continuer de fermer les yeux et de se taire, c’est ce genre d’opposition qui risque d’émerger.

C’est en tant que citoyenne française jouissant pleinement de ma liberté d’expression que je m’indigne devant vos propos. Je vous demande Monsieur, de bien vouloir présenter vos excuses au peuple tunisien, aujourd’hui, plus qu’hier, endeuillé par le sang de ses fils, versé pour mettre fin à cette dictature ignoble qui piétine la démocratie, insulte l’État de droit, et massacre toute tentative de rébellion.



Source: LePost.fr


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Lun 10 Jan - 20:18 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Tunisie: Ben Ali promet 300.000 emplois d'ici 2012 pour désarmorcer la crise

TUNIS — Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a promis lundi dans un discours télévisé la création de 300.000 emplois d'ici 2012 après des émeutes sans précédent contre le chômage.

Il a également dénoncé des "actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés" dans le centre-ouest du pays, théâtre d'émeutes qui ont fait au moins 14 morts selon le gouvernement, et plus de 20 selon des sources de l'opposition.

"Nous avons décidé de multiplier les capacités d'emploi et la création de sources de revenus (...) dans tous les secteurs durant les années 2011 et 2012", a-t-il dit, annonçant 300.000 emplois supplémentaires, outre les 50.000 postes promis récemment par le patronat pour les régions.

Par ailleurs, il a dénoncé "des actes terroristes" qui "ont été perpétrés durant la nuit par des bandes de voyous cagoulés", accusant des manipulateurs "n'hésitant pas impliquer nos enfants dans des actes de vandalisme et de destruction en diffusant des slogans et des informations mensongères".

Trois localités --Kasserine, Thala et Regueb-- étaient en proie à des violences lundi, signe de la poursuite des émeutes contre le chômage qui secouent la Tunisie depuis la mi-décembre.

"A ceux qui veulent porter atteinte aux intérêts du pays, ou manipuler notre jeunesse, nous disons que la loi sera appliquée", a-t-il ajouté appelant les Tunisiens "à protéger leurs progénitures contre les malfaiteurs".

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.



Source: Google - AFP


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mar 11 Jan - 00:40 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Tunisie : un député demande une mission d'information parlementaire

Tunisie : un député demande une mission d'information parlementaire




Malgré la prudence des autorités françaises sur la situation en Tunisie, le député UMP de Seine-et-Marne Didier Julia a demandé lundi 10 janvier la création d'une mission d'information parlementaire sur les événements de Tunisie, où une révolte contre le chômage a dégénéré en émeutes sanglantes.

Dans une lettre adressée au président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski (UMP), Didier Julia demande d'"examiner la possibilité de mettre en œuvre une mission parlementaire afin de savoir comment de tels événements dramatiques ont pu se produire en Tunisie et quelles conséquences notre pays doit en tirer pour ce qui concerne la forme de ses relations avec la Tunisie". Didier Julia indique par ailleurs que "les informations les plus sérieuses permettent de recenser une cinquantaine de morts".

Le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, président du groupe d'amitié France-Tunisie du Sénat, a dénoncé, lundi, "la répression violente" en Tunisie et exprimé "émotion et tristesse" devant la multiplication des morts. Il exprime sa "solidarité avec tous ceux qui souhaitent des évolutions dans ce pays, le respect de toutes les libertés, et avec tous ces jeunes contraints au chômage et aux expédients, alors qu'ils sont souvent diplômés, et qui veulent être entendus et construire un avenir conforme à leurs si légitimes espérances".

De son côté, la Ligue des droits de l'homme a exprimé son "entière solidarité" avec la "lutte courageuse pour la démocratie de tous les citoyens victimes de l'arbitraire et de l'injustice qui règnent depuis tant d'années en Tunisie". La LDH dénonce "le silence complice des autorités politiques françaises actuelles" qui n'est, selon elle, "en rien représentatif de l'indignation qui s'étend dans la société française, à présent que les masques tombent et qu'apparaît au grand jour le visage de la dictature". A Paris, la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) a réclamé lundi la suspension des négociations entre la Tunisie et l'Union européenne.

La France est sortie lundi de son silence en déplorant les violences. Un porte-parole du Quai d'Orsay a appelé "à l'apaisement".




Source: Le Monde.fr


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mar 11 Jan - 14:55 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant



Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mar 11 Jan - 14:58 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Apparemment, c'est censuré en Tunisie : http://debattunisie.canalblog.com



Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mar 11 Jan - 19:43 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

mi journée sur RFI

=> version audio


..manifestations du week-end, dans les villes de Regueb, Talah, Kasserine. Des blessés très nombreux, sans que la FIDH en donne le nombre exact. Des émeutes, répressions des réactions internationales assez modérées du côté de l'Europe comme de Paris. Alors on va évoquer cette situation en Tunisie: et ses implications avec vous, Richard Sédillot bonjour,

Bonjour,

Vous êtes le vice-président de la Commission "Liberté - Droits de l'Homme" du Conseil Natonal du Barreau, vous rentrez de Tunisie, qu'avez vous-vu sur place?

Alors, le but de la mission organisée par le Conseil National des Barreaux de ... d'une part, et de ... d'autre part était notament de rencontrer les avocats tunisiens qui, comme vous le savez, font face à des difficultés aujourd'hui considérables, avec un courage et une dignité qui force le respect... les avocats sont évidemment très très très engagés dans ce combat, du moins la plus grande majorité d'entre eux, ... ils font face évidemment, à une assez sévère repression de la part du régime politique.

Qui manifeste aujourd'hui en Tunisie?

Tout le monde manifeste en Tunisie. Il y a vraiment aujourd'hui un soulèvement populaire très général, qui comme vous le savez, s'étend quasiment à tous le pays, les grandes centres urbains étaient restés un petit peu à l'écart de ces manifestions, notament à Tunis et Sfax. On sait aujourd'hui que ces deux villes sont également concernées par les manifestations, et on voit bien qu'il y a des intellectuels, des professions libérales, les gens les plus modestes, les catégories intermédiaires, tous aujourd'hui sentent bien que ce soit économiquement, culturellement, juridiquement, et finalement sur tous les plans, la politique de Ben Ali est un grand échec.


Alors justement, le président Ben Ali s'est exprimé hier, à la télévision, il a désigné les manifestants comme des voyous cagoulés, des terroristes... pourquoi employer ce genre de vocabulaire?


Parce que je crois que le président Ben Ali imagine encore qu'il peut faire croire à la communauté internationale qu'il est le garant des libertés et que la justification de son maintien au pouvoir tient dans le fait qu'il serait une espèce de rempart entre l'islamisme et le terrorisme. Plus personne n'y croit. On peut penser que lorsqu'il a pris le pouvoir en renversant Bourguiba les pays occidentaux ont imaginé - parce qu'il a rapidement enfermé beaucoup d'islamistes - qu'il pourrait être un rempart contre ce qui était déjà, semble-t'il, une crainte à l'époque. Aujourd'hui, il n'y a pas d'islamisme au sens où on l'entend dans d'autres pays, en Tunisie. La Tunisie est un pays moderne, laïc, et il y a une différence considérable, entre les partis dits islamistes en Tunisie, qui s'apparentent beaucoup plus au parti Turc par exemple... différence considérable d'avec les partis islamistes beaucoup plus radicaux d'autres états qui connaissent des mouvements beaucoup plus fondamentaux

D'après ce que vous dites, la rue donne tort à Ben Ali, mais les chancelleries occidentales lui donnent partiellement raison par la timidité de leur réaction?

Absolument, pour les raisons que je vous ai indiquées. C'est-à-dire qu'il y a encore cette idée, en Europe que Ben Ali serait une espèce de rempart contre l'islamisme et le terrorisme, ce qui n'est pas le cas; je pense au contraire que sa politique, parce qu'elle est anti-démocratique, fait le lit du terrorisme, comme toujours.

Hier, on a appris la fermeture des universités, et des écoles, c'est également le signe du rôle majeur que joue la jeunesse dans ce mouvement?

Tout à fait, Les lycéens ne désemparent pas, c'est dramatique un pays, tout de même, qui ferme ses lycées, ses universités, un pays qui ferme des lieux de culture. C'est-dire à quel point il est aujourd'hui incapable de réagir sereinement face à une volonté populaire qui est très, très, très largement partagée. Et je suis tout à fait consterné par l'aveuglement du président Ben Ali, qui est incapable aujourd'hui de se rendre compte qu'il faudrait qu'il infléchisse très, très sérieusement sa politique, voir qu'il décide d'abandonner, le pouvoir, face à une réaction quasiment unanime de la rue.

Alors on a parlé de repression très sévère, y compris contre des cortèges funéraires, pourquoi une repression est aussi extrême et est-ce que les force de l'ordre sont débordées?

Oui moi je pense que les forces de l'ordre sont débordées, il faut savoir que l'armée à refuser de tirer contre les manifestants, seule la police l'a fait, parce que la police est véritablement à la solde de ce que l'on pourrait appeler le clan de monsieur Ben Ali. Ce clan est désemparé. Il tient tous les rênes du pouvoir depuis des années, profite très largement de la manne qu'il se réserve, et je crois est aujourd'hui paniqué. Paniqué à l'idée qu'il pourrait être mis aujourd'hui un terme à cette ... réglée du pays. Alors les réactions sont des réactions totalement inconsidérées, vous l'avez dit très justement, avec des attitudes de la police qui sont vraiment incompréhensibles.

Alors un pays où la presse libre n'existe quasiment pas, la presse officielle donne sa version, et on parle beaucoup du rôle jouer par internet, on est tenté de faire le paralèlle avec ce qu'on a connuy en Iran, par exemple?

Vous avez raison, c'est très étonnant. En Tunisie, tous ceux que j'ai rencontré, tous, quelque soit keur statut, leurs fonction, - il s'agissait évidemment pour la plupart de militants ou d'avocats très engagés - tous nous on parlé de Facebook, et tous nous on dit à quel opint ce réseau social avait été de la plus grande utilité pour propager leurs idées et pour assurer finalement la cohésion de leur mouvement.





Dernière édition par Admin9637 le Mer 12 Jan - 01:53 (2011); édité 1 fois
Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mer 12 Jan - 01:14 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Tunisie: 200 personnes dénoncent à Paris le régime du président Ben Ali

(12.01.2011, Paris, 00h23)

(AFP) – Il y a 4 heures

PARIS — Plus de 200 personnes se sont rassemblées mardi soir devant l'ambassade de Tunisie à Paris pour afficher leur "solidarité" avec le mouvement social en Tunisie et dénoncer le régime du président Zine el Abidine Ben Ali.

"Le mouvement a commencé de façon spontanée contre le chômage, mais au fond, il s'agit d'un ras-le-bol général contre la liberté bafouée, contre la corruption qui touche le sommet de l'Etat", a expliqué Tarik, un Tunisien de 29 ans vivant à Paris.

"Il faut que le bain de sang cesse. Le pouvoir ferme les universités, arrête des blogueurs, il est fébrile, la peur est en train de changer de camp", a-t-il poursuivi.

Les manifestants étaient réunis à l'appel d'un collectif de soutien regroupant diverses associations comme le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT) et plusieurs partis de gauche.

Ils scandaient des slogans en français "Ben Ali assassin, Sarkozy complice", et en arabe "Intifada, Ben Ali, tu dois partir", dans une ambiance bon enfant, et ils étaient maintenus à une distance de près de 200 mètres de l'ambassade, dans le centre de Paris, par un cordon de policiers français.

"C'est la première fois que je viens à une manifestation", a témoigné Raouf, 24 ans, ingénieur. "Ce qui se passe en Tunisie est intolérable, on veut faire passer le message, appeler l'Union européenne à faire pression sur le gouvernement tunisien".

Les manifestants ont aussi chanté l'hymne national tunisien, en particulier le couplet soulignant, en arabe, "le peuple aura le dernier mot".

La Tunisie est en proie depuis le 17 décembre à une révolte sociale sans précédent, partie du centre-ouest du pays, qui a fait, selon des organisations non gouvernementales, plus de 35 morts, et jusqu'à une cinquantaine de morts, selon un responsable syndical.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés



Source: Google - AFP

sur irc

Citation :

IMPORTANT NEW: why the army will be with civilians ? read this ... 2002 ... http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/1962415.stm


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mer 12 Jan - 01:45 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Tunisie
Une partie de l'armée refuse la répression
Notre partenaire Mediapart se penche sur les manifestations en Tunisie qui remettent en cause le pouvoir du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, sur la répression policière, et plus particulièrement sur la distance prise, dans ces conditions exceptionnelles, par une partie de l'armée vis-à-vis du régime.

C'est un tournant. Jamais, dans l'histoire de la Tunisie, le pays n'avait affronté une telle remise en cause du pouvoir du président Ben Ali ni une telle répression. Ce lundi, le pays ne parlait que de la répression menée par les forces de l'ordre tunisiennes depuis samedi soir autour de la ville de Kasserine, dans le centre-ouest, à quelque kilomètres de Sidi Bouzid, là où tout a commencé le 17 décembre, avec le suicide de Mohammed Bouazizi, jeune diplômé au chômage.

Alors que les manifestants continuent de descendre dans les rues aux quatre coins du pays, au moins 24 personnes sont mortes sous les balles des policiers dans les environs de Kasserine et de Regueb depuis samedi 8 janvier. Lundi, au moins quatre personnes ont trouvé la mort au cours des manifestations, dont le jeune Adel Sadaoui, selon plusieurs témoins et l'avocat Amar Jabali. Depuis trois jours, tous les magasins, bureaux et représentations officielles demeurent fermés dans cette ville.

Nouveau discours de Ben Ali

Depuis le palais présidentiel, ce “climat insurrectionnel” de la région de Kasserine paraît sans doute bien lointain. Après une première intervention le 28 décembre, le président Ben Ali s'est une nouvelle fois adressé aux Tunisiens ce lundi:

“La Tunisie n'est pas moins bien lotie que les autres Etats en matière de chômage, qui n'est pas seulement un problème tunisien, a-t-il expliqué. Il reste aux fauteurs de mensonges, aux terroristes, de cesser de fomenter des troubles contre la Tunisie, contre leur pays. Contre ces gens-là, ces groupes extrémistes, l'unique solution passe par la loi.”

Le président Ben Ali dans un discours lundi dernier.

Outre “de nouveaux efforts pour le développement régional” et “la tenue d'un forum pour l'emploi le mois prochain”, le président a appelé les partis à “consulter le peuple”.

300.000 emplois?

Il a également promis la création de 300.000 emplois d'ici 2012, sans que l'on sache très bien comment le gouvernement compte s'y prendre, ni quels seront les moyens mis à sa disposition.

En somme, une intervention présidentielle de 13 petites minutes, complètement déconnectée de la réalité du terrain. “Nous sommes atterrés, souffle Amar Jabali. Il a répété la même chose que le 28 décembre, il cherche à gagner un peu de temps, à diviser les manifestants, et nous promet toujours plus de violence. Il n'a même pas condamné les meurtres de manifestants!” Les avocats de Kasserine ont notamment voté ce lundi la reconduction de la grève, et devaient manifester mardi toute la journée devant le tribunal.

Les Tunisiens sous le choc

Lundi soir, les Tunisiens restaient encore sous le choc de la violence des dernières 48 heures, face à des policiers qui n'entendaient pas les laisser enterrer leurs morts en paix.

Selon les témoignages de membres de l'opposition locale recueillis par Mediapart, la police a fait feu dimanche sur les cortèges funéraires à Regueb et Kasserine, tuant notamment un enfant de 8 ans. Si bien qu'à Regueb, les habitants auraient demandé l'aide de... l'armée, pour les protéger des policiers.

À Thala aussi, l'avocate Mounia Boualila raconte à Mediapart comment la municipalité a demandé la protection des militaires, après que la police s'est livrée à plusieurs actes de violences et d'intimidations, comme ce fut le cas dans la nuit de dimanche à lundi avec l'évacuation forcée du dortoir du collège-lycée local.

L'avocate, qui évoque un bilan de 9 morts depuis samedi soir à Thala, expliquait lundi en fin d'après-midi que les policiers “séquestrent toujours trois cadavres de manifestants tués cette nuit-là dans le poste de police. (...) La police a également tenté de récupérer les corps des cinq autres victimes tuées par balles, et menacé les cortèges qui se dirigeaient vers le cimetière. Les soldats ont tenté de raisonner les policiers, nous avons discuté, et finalement nous sommes parvenus à les enterrer discrètement.”

L'armée prend ses distances

C'est l'un des éléments nouveaux et importants de ce début de semaine: la distance prise par une partie de l'armée vis-à-vis du régime. Ce lundi, une petite dizaine de soldats montaient la garde devant le tribunal de Kasserine, autant pour prévenir d'éventuels troubles en son sein que pour protéger les avocats, comme le rapportent plusieurs témoins.

En clair, si les forces de police demeurent fidèles au régime de Ben Ali, une partie de l'armée semble désormais plus distante: dimanche, le général des forces armées terrestres a été limogé ainsi que son état-major, par le président de la République, après que le général eut appelé les forces de l'ordre tunisiennes à ne “pas tirer contre la population”.

De leur côté, les avocats tunisiens, parmi les premiers à se mobiliser et à subir intimidations et enlèvements, travaillent actuellement à réunir un dossier suffisamment solide pour porter plainte devant la Cour pénale internationale, comme l'ont confié à Mediapart trois avocats de Tunis, Kasserine et Sfax.

Pour la première fois également, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), considérée comme acquise au régime, (...) ferait appel à une grève générale sur l'ensemble du pays, une éventualité retenue par la direction du syndicat.

Autre fait inédit, les prises de position dissonantes, dimanche, de deux partis de la coalition gouvernementale. L'Union démocratique unioniste (UDU, opposition légale, huit sièges au Parlement) a ainsi appelé à une action “urgente” du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et exigé l' “arrêt immédiat” de tirs à balles réelles contre les civils. Ce parti (...) demande au président Ben Ali d'intervenir “d'urgence pour assainir le climat, rétablir la confiance et restaurer le calme”, exigeant le jugement de “toute personne ayant ordonné l'usage des armes afin d'éviter au pays le risque d'interventions étrangères dans ses affaires nationales”. (...)

Le mouvement Ettajdid (un siège) s'est, lui, dit “choqué” par une “escalade dangereuse” et a appelé lui aussi le président Ben Ali à des “mesures urgentes pour l'arrêter”.

Deux prises de position très fortes dans le contexte étriqué du cénacle politique tunisien, qui n'autorise guère de contradiction en son sein.

Absence de perspective politique

“Notre gros problème, c'est l'absence de perspective politique”, indique toutefois Nizar Amami, l'un des responsables de la branche des PTT de l'UGTT, joint par Mediapart lundi midi à Tunis. “Aucun parti n'émerge, le parti démocrate progressiste (PDP, opposition légale) est trop faible. L'UGTT vient se substituer à l'opposition pour lancer des mots d'ordre, des actions de solidarité, mais pour le projet... Reste que le régime est vraiment déstabilisé, et que l'on n'a jamais vu ça.”

“Depuis le début, les slogans des manifestants sont dirigés contre Ben Ali et sa famille (en l'occurrence, le clan de sa femme, Leila Trabelsi), dont les gens ne veulent plus. C'est pour ça que la police tue, parce que les dirigeants ont peur.”

Nizar Amami, responsable à l'UGTT.

“Les signaux envoyés par l'armée, dans ce contexte, c'est très important. À nous maintenant de faire notre boulot pour compenser la faiblesse de l'opposition politique” ajoute le syndicaliste.

En l'absence d'un consensus sur un éventuel appel à la grève générale ce lundi soir, la branche PTT de l'UGTT a déjà prévu depuis le milieu de la semaine passée de lancer un appel à cesser le travail le mercredi 12. Les branches de l'enseignement et des médecins devraient suivre à la fin de la semaine.

Pierre Puchot/Mediapart



http://aufaitmaroc.com


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mer 12 Jan - 11:46 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Après l'Ambassade de Tunisie à Pantin, en France, l'Ambassafe de Suisse a été visée dans la nuit de mardi à mercredi.

Citation :



L'ambassade de Tunisie en Suisse attaquée dans la nuit
Mis à jour le 12.01.11 à 10h01

L'ambassade de Tunisie à Berne a été visée dans la nuit de mardi à mercredi par des jets d'engins incendiaires qui n'ont pas fait de dégâts importants, a annoncé la police suisse.
L'incident a eu lieu peu après minuit. Un photographe de Reuters sur place mercredi matin a dit que les lieux étaient déjà nettoyés et que la façade de l'ambassade n'était visiblement pas dégradée.



source: 20 minutes

Citation :

PARIS, France, 12 janvier 2011/African Press Organization (APO)/ — Point de presse du 11 janvier 2011

(…)

Q – Sur la Tunisie, est-ce que vous êtes toujours au bilan de 14 morts que vous évoquiez hier ?



R – Je lis sur une dépêche d’agence d’autres chiffres qui viennent de tomber. Nous avons exprimé hier notre préoccupation, notre appel à l’apaisement et notre souci de voir un dialogue s’instaurer. Le porte-parole du gouvernement, M. Baroin, s’est exprimé également sur le sujet.



Q – C’est un chiffre que vous reprenez ?



R – Il faut que l’on vérifie ces chiffres. D’une part ils varient, d’autre part les sources sont différentes. Je le rappelle, ce qui est important pour nous aujourd’hui, comme l’a dit M. Baroin, c’est que l’apaisement revienne très vite en Tunisie, que les tensions s’apaisent, qu’un dialogue s’instaure de manière à ce que des solutions puissent être apportées aux problèmes économiques et sociaux que connaît la Tunisie.


source: Point Presse du Quai d'Orsay


Revenir en haut
              

Invité
Invité

Hors ligne




Message Posté le : Mer 12 Jan - 12:17 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Karim Bitar, spécialiste du monde arabe à l'Institut des relations Internationales et Stratégiques (Iris), revient sur la crise tunisienne.

Youphil: Que se passe-t-il en Tunisie?

Karim Bitar: L’exaspération des jeunes est née du manque d'opportunités professionnelles pour les diplômés de l’enseignement supérieur. Mais ils n'ont pas accès à l'emploi, comme le montre le fort taux de chômage. D’ailleurs, l’élément déclencheur des émeutes est très emblématique: un jeune diplômé a tenté de s’immoler par le feu parce qu’il ne pouvait même pas vendre des légumes.

Ces affrontements sont le fruit d’une accumulation de frustrations, depuis plusieurs années, qui sont liées à plusieurs facteurs, comme l’absence de liberté politique. Or, la jeunesse tunisienne a besoin de liberté. Cette génération est de plus en plus instruite, a accès à Internet… Contrairement à leurs parents, ces jeunes ne sont plus prêts à accepter de bafouer leur liberté pour la stabilité. Il y avait une sorte d'accord tacite entre le peuple et le président Ben Ali à ce sujet. Il semble être remis en question.

Derrière les revendications sociales et économiques, il y a un besoin de liberté et une volonté de participer à la vie politique. Ils ont le sentiment que le pouvoir est confisqué par une oligarchie et quelques familles proches du pouvoir.

Youphil: Ces éléments ne sont pas nouveaux, pourquoi la jeunesse se révolte-t-elle maintenant?

K.B.: C'est là qu'est toute la question. Les dernières manifestations de cette ampleur ont eu lieu en 1984, lors des émeutes du pain. Les Tunisiens se rebellaient alors contre le coût de la vie et la cherté, comme maintenant. Ils ont bien tenté de lancer un mouvement en mai dernier, mais cela n’a pas pris.

Aujourd’hui, il y a un événement conjoncturel supplémentaire: la crise économique mondiale. La Tunisie, comme beaucoup de pays, est soumise à une politique économique restrictive. Ces évènements sont à relier avec ceux qui se passent en ce moment en Egypte et en Algérie. Les jeunes se révoltent face à un pouvoir confisqué par un petit groupe de personnes et par des présidents âgés et peu ouverts sur les nouvelles générations.

Autre élément, la plupart des régimes autoritaires ont profité de la guerre globale contre le terrorisme pour verrouiller encore plus leur société, avec l'aval de l'Occident. Ce dernier a longtemps fait preuve d’indulgence envers ces régimes par crainte de la montée de l’intégrisme. Mais pour la France, c'est particulièrement délicat, parce qu'il y a souvent des accusations d'ingérence, surtout en Algérie.

Youphil: En quoi les manifestations en Algérie et en Tunisie sont-elles différentes?

K.B.: Le point commun entre ces deux mouvements est l’exaspération de la jeunesse. Mais en Algérie, le pays est suffisamment riche pour assurer une vie décente à ses ressortissants, du fait de la rente pétrolière, alors qu'en Tunisie, il n'y a pas de ressources naturelles. Or, il n'y a eu aucune redistribution.

En outre, la liberté de la presse est moins importante en Tunisie qu'en Algérie. L’accès des jeunes à l’enseignement supérieur n’a alors fait que renforcer ces frustrations. En Tunisie, les jeunes ne vont pas se contenter de concessions sur les plans sociaux et économiques. Ils veulent le pain et la liberté.

Youphil: Internet joue une place importante dans ces manifestations. Une nouvelle forme de contestation est-elle en train d'apparaître?

K.B.: Exactement. De nombreux sites Internet et de blogs sont bannis en Tunisie par le gouvernement. La jeunesse a riposté en attaquant des sites Internet gouvernementaux (à travers le groupe de hackers, Anonymous, ndlr). On assiste à une cyber-révolte. Il me semble que Facebook est maintenant déconnecté pour la plupart des Tunisiens.

Les ressortissants à l’étranger restent très mobilisés via le net. Pourtant, ils sont conscients que la Tunisie peut être, par certains aspects, une oasis, grâce au tourisme et à la liberté des femmes, notamment. Mais ils veulent respirer.

Youphil: Quelle est la place de la société civile?

K.B.: La société civile est très active. Elle est très éclairée, très ouverte, et compte énormément de personnalités de tout premier rang. Malheureusement, elle peine à trouver des relais politiques du fait que l’opposition, depuis 20 ans, a été marginalisée, réduite au silence ou à l’exil. On sait qu’il y a une exaspération mais pas encore d’alternative, pas de leadership. C’est d’ailleurs ce qui est inquiétant à ce stade.

Youphil: Comment peut évoluer le mouvement?

K.B.: Difficile de faire des prédictions. Mais des verrous importants ont cependant sauté. La personne du président est nommément prise à partie lors des manifestations. Sa famille aussi. Ils sont cités dans les slogans. Cela n’était pas possible il y a encore une quinzaine de jours.

La peur change de camp. C’est le gouvernement tunisien qui commence à craindre le peuple. On est assez proche du point de non-retour, si on ne l'a pas déjà dépassé. Il n’y aura pas de retour au statu quo. Si le régime survit, il devra faire des concessions.

Youphil: Quels types de concessions?

K.B.: Au delà des concessions économiques (politiques de relance, embauches avec priorité aux chômeurs diplômés...), la jeunesse Tunisienne attend également une ouverture politique, réclame plus de liberté d'expression, s'oppose à la censure d'Internet. Elle souhaite voir la Tunisie évoluer vers un système démocratique apaisé.

Le potentiel des jeunes Tunisiens n'est pas suffisamment exploité. La Tunisie peut accomplir des miracles économiques sans pour autant sacrifier les libertés. Il faudrait qu'il se rapproche du triptyque: pain, liberté et stabilité. Mais ce n'est pas gagné.




source: Youphil.com


Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Mer 12 Jan - 12:46 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

Citation :


Tunisie: des unités de l'armée déployées dans Tunis et sa banlieue ouest

(AFP) – Il y a 1 jour

TUNIS — L'armée tunisienne s'est déployée mercredi à Tunis où la tension est montée après des affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans des quartiers populaires de la banlieue ouest.

Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition dans Tunis et en banlieue pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines.

Ce développement intervenait alors que des sources de l'opposition ont fait état du limogeage du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Rachid Ammar. Celui-ci aurait refusé de donner l'ordre aux soldats de réprimer les émeutes qui se sont propagées dans le pays et exprimé des réserves sur un usage excessif de la force, selon les mêmes sources.

Ce général aurait été remplacé par le chef des renseignements militaires Ahmed Chbir, selon ces informations qui n'ont pu être confirmées de sources officielles.

Des renforts militaires étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.

Un blindé tout feu allumé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de voitures et d'un bus incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la Délégation (sous-préfecture) attaqué la veille.

Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, à l'ouest de la capitale.

Des restes de pneus brûles étaient également visibles dans la Cité Ezzouhour (Fleurs), où la situation était calme et les commerces ouverts, après des manifestations signalées le veille.

Dans Tunis, outre des renforts importants de police et unités d'intervention spéciales, deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis.

Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police.

Des renforts militaires étaient également visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait.

La circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie.

Les stations de radios nationale et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.



Revenir en haut
              

Admin9637
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 22 Sep 2010
Messages: 303

Message Posté le : Jeu 13 Jan - 11:19 (2011)    Sujet du message : Tensions en Tunisie Répondre en citant

- Sfax, 14 ans: http://fb.me/CZN64zeT
- Nabeul: http://liveword.ca/go/5u
- Hammamet, un acteur: sur fb
-Bizerte City, Iskandir Khlifi 24 ans (God bless him)

Toujours sur fb, Tunis

Nationwide strike by all lawyers in country

reçu vers 12h00 une victime suisse une balle dans la tête à 18h10 à Dar Chaabane, au Nord de la Tunisie (un article english . 12:52 heure de paris on parle de confrontation avec les forces de police à Jendouba, pas plus d'info pour le moment

Cinq manifestants abattus par des snipers à Douz - L'armée quadrille Tunis - 12 janvier

Hatem Ben Taher, maître de conférences à l'université de Gabes, assassiné par un tireur d'élite de la police du gouvernement tunisien, pendant des manifestations à Douz



Sfax, le 12.01, environ 30 000 personnes dans les rues



Revenir en haut
              

Contenu Sponsorisé






Message Posté le : Aujourd’hui à 14:23 (2018)    Sujet du message : Tensions en Tunisie

Revenir en haut
              

   666 Index du Forum .::. 666
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Page 1 sur 2
Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page: 1, 2  >
Montrer les messages depuis :   

 
Sauter vers :  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Template by .: SGo :.